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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial
| 2/04/2024

Grégory Mayeur (Satys Aerospace) : « Nous souhaitons poursuivre notre internationalisation »

© Satys Aerospace

Le groupe aéronautique haut-garonnais Satys Aerospace, spécialisé dans la peinture d’avions, a enregistré 190 M€ de chiffre d’affaires l’an dernier, contre 160 M€ en 2022. L’entreprise de Blagnac, qui prévoit 500 recrutements d’ici à 2026, vise 250 M€ de CA dans trois ans. Grégory Mayeur, DG, fait le point sur sa stratégie pour La Lettre M.

Votre activité a bondi de près de 19 % l’an dernier. Quels sont les moteurs de cette croissance ?
Tout d’abord, je dirais qu’il n’y a pas de moteur, justement, sans carburant. Et ce carburant vient de nos clients. Le groupe Airbus, qui – toutes entités confondues – représente environ 60 % de notre portefeuille, a devant lui un carnet de commandes de dix ans. Nous sommes naturellement alimentés par ce ramp-up (montée en cadence, NDLR). Par ailleurs, nous avons racheté en 2022 le groupe SPI (peinture industrielle, 500 salariés, CA : 25 M€, siège à Malville - 44, NDLR), ce qui nous a apporté de la complémentarité mais aussi une massification de nos activités. Enfin, nous continuons à déployer de nouvelles capacités, comme la salle de peinture ouverte en mars 2023 à Blagnac et dédiée principalement aux avions régionaux ATR. À ce titre, nous avons quelques projets dans les cartons pour les 24 mois à venir...

Quels sont ces projets et quel serait le montant d’investissement consenti 
Historiquement, nous investissons entre 10 et 15 M€ par an. En France, nous allons ouvrir l’an prochain à Châteauroux une salle de peinture dédiée aux avions long-courriers. Mais au-delà, notre objectif est de poursuivre notre internationalisation, en particulier en Amérique du Nord, où sont positionnés de grands acteurs du secteur aéronautique, mais aussi au Moyen-Orient et en Asie, des marchés particulièrement dynamiques. Nous souhaitons ouvrir quatre à cinq nouvelles salles de peinture dans ces zones : à Dubaï dès 2025 et aux États-Unis et en Asie fin 2025-début 2026.

D’autres opérations de croissance externe sont-elles prévues dans les années à venir ?
Toutes les options sont forcément sur la table lorsque l’on parle de développement dans des contrées éloignées, notamment en Amérique du Nord, où beaucoup d’acteurs sont déjà présents, ce qui offre sans doute des possibilités. Par conséquent, la croissance externe n’est pas du tout exclue.

Vous souhaitez recruter 500 personnes en France d’ici à 2026 (2 400 salariés actuellement). Sur un marché de l’emploi tendu dans l’aéronautique, quels leviers activez-vous pour attirer les talents 
En effet, nous projetons 500 embauches en France, et même 900 à l’échelle mondiale. Cela reste toujours un challenge, c’est vrai, même si après une période de violent bashing pendant le Covid, le secteur aéronautique retrouve de l’attractivité. Quand Airbus communique sur dix ans de visibilité, quelque part, cela remet l’église au milieu du village... Les forts engagements collectifs pris par la filière en faveur de la décarbonation jouent aussi. Les industriels bougent dans le bon sens !

Quelle est votre stratégie en matière de décarbonation ?
Elle est triple. Tout d’abord, il y a le volet technologique, avec la feuille de route que nous déployons en termes de digitalisation de l’entreprise. Par ailleurs, il y a le volet technique, avec en particulier notre choix de recourir à l’anaphorèse pour le traitement de surface. Enfin, il y a le volet énergétique. À périmètre de chiffre d’affaires équivalent, nous avons baissé l’an dernier nos consommations énergétiques de 22 % grâce à la mise en place d’un plan de sobriété. Et cette année, nous allons lancer avec le soutien de la Région Occitanie un plan de transition énergétique qui nous permettra de gagner encore entre 10 et 15 %.

Comment imaginez-vous Satys Aerospace en 2026 ?
À cet horizon, nous visons 250 M€ de chiffre d’affaires. En 2026, nous aurons réussi le ramp-up, serons une entreprise encore plus internationale et aurons drastiquement diminué notre empreinte carbone.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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