Gilles Babinet : "La transformation digitale des entreprises doit être une priorité"
Le spécialiste de la transformation numérique Gilles Babinet, vice-président du conseil national du numérique et digital champion de la France auprès de la Commission européenne, intervenait le 17 décembre à La Grande Motte à l’occasion de la 2e édition du Transformation Digitale Day, organisée par l’agence économique régionale Ad’Occ. Parmi ses constats : 4,3 Md de personnes connectées à internet, 100 Md d’objets connectés d’ici à 2025 dans le monde, principalement dans l’industrie, la logistique, le commerce mais aussi l’ensemble des services, les environnements domestiques. Quelles conséquences au niveau des entreprises?
Réussir sa transformation digitale
Pour Gilles Babinet, il est essentiel de « penser à partir du client et non de son organisation, c’est ce qui pose la différence entre transformation digitale et dématérialisation. Il faut remettre en cause son modèle d’affaires. » Selon lui, il existe un certain nombre de conditions pour que la transformation digitale soit réussie : que le top-mangement soit acquis à cela – « dans le cas contraire, sans transversalité et sans volonté de casser les silos, allez travailler ailleurs » - ; miser sur le capital humain et détecter les talents, avoir une marque employeur forte pour attirer les talents - « sinon vous allez recruter des mercenaires »- ; dessiner une vision de l’entreprise à 20 ans ; éduquer les salariés à comprendre le design thinking « pour qu’ils n’aient pas l’impression d’être cantonnés à une tâche verticale » ; et travailler en mode projet – « c’est 100 fois plus efficace que la formation professionnelle »-.
Dans les territoires
La transformation digitale doit être « la priorité des instances régionales », selon Gilles Babinet : « il y a des gains de productivité énorme à faire dans les TPE et les PME. Il faut commencer par des choses simples comme expliquer l’intérêt d’un CRM, pour ensuite aller vers des choses plus complexes », insiste-t-il.
Numérique et environnement
« Nous allons assister à une alliance entre la technologie et l’environnement « , poursuit Gilles Babinet, donnant comme exemple le système algorithmé poussé qui est nécessaire pour faire de la capture de carbone en champ. « Par ailleurs, on ne sait pas encore bien dire combien consomme le numérique, à part 10 % d’électricité. Combien de camions sont évités sur les routes grâce aux plateformes digitales ? Quel est le bilan entre le nombre de camions Amazon sur les routes et lorsque chaque personne prenait sa voiture pour faire ses achats ? », interroge-t-il. Une chose est certaine selon l'entrepreneur : « nous allons assister à l’émergence de cursus universitaire en grand nombre relatifs à la convergence entre numérique et environnement. »










