Gilets jaunes, Édouard Philippe, fusion avec le Département, élections municipales… : Moudenc se livre
Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole, a réuni une poignée de journalistes, le 6 décembre, pour revenir sur les sujets chauds du moment. L’occasion pour l’édile de distribuer les bons et les mauvais points. Morceaux choisis.
Gilets jaunes
Au sujet des gilets jaunes, Jean-Luc Moudenc se dit « inquiet ». « Dans ce mouvement, il y a de tout : des gens respectueux des institutions républicaines et d’autres qui sont dans la révolte, dans une démarche de sédition, analyse-t-il. Il est difficile de distinguer les uns des autres. Nous sommes face à un mouvement de contestation inhabituel, qui est particulièrement difficile à gérer pour les autorités car elles n’ont pas d’interlocuteur. » L’élu soutient-il les gilets jaunes ? « Je ne peux pas soutenir un mouvement qui favorise, de fait, la violence, répond-il. Par contre, je comprends largement les problématiques qu’il exprime et les revendications qu’il porte. La taxation des carburants a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, mais le vase était déjà quasiment plein. Ce mouvement naît d’une accumulation de malaises français depuis une trentaine d’années. » Si, pour l’heure, aucune estimation des dégâts engendrés par les manifestations toulousaines n’est communiquée, Jean-Luc Moudenc dresse un premier constat, sur le fond comme sur la forme. « Malgré le côté spectaculaire des images qui ont circulé, les dégâts restent pour le moment assez limités. En revanche, l’attractivité de Toulouse est abîmée. L’image repoussoir offerte par notre pays ne peut avoir que des conséquences économiques négatives. Sans compter les effets directs sur l’activité des commerçants… »
Édouard Philippe
Jean-Luc Moudenc, s’il tient à « ne surtout pas passer pour un donneur de leçons », estime que « dans la vie publique, il faut conjuguer humilité et détermination. C’est un équilibre très subtil, mais c’est la clé ». Il reconnaît ainsi que, notamment dans le contexte de la crise des gilets jaunes, « on peut reprocher au gouvernement d’avoir manqué d’humilité, ce qui a pu être perçu comme de l’arrogance ». Et d’ajouter, interrogé sur ses rapports avec le premier ministre : « Vous savez, Édouard Philippe, c’est mon copain, mais il est parfois un peu raide… »
Une unité nationale ?
Le maire de Toulouse estime que, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, « les oppositions n’agissent pas de façon responsable. À aucun moment n’a émergé l’idée que, face à un tel péril, il faudrait un peu d’unité nationale. Certes, ce n’est pas la culture française. Nous avons gardé de l’époque des Gaulois le goût de la division. »
Fusion Toulouse Métropole / CD 31
Interrogé par La Lettre M sur le projet de fusion, sur son territoire, de Toulouse Métropole avec le Département de la Haute-Garonne, Jean-Luc Moudenc revient sur le calendrier qui se dessine. « Le gouvernement – qui a la main sur de dossier – évoque un possible passage de cette réforme au parlement en 2019, pour une mise en application en 2021, rappelle-t-il. Je suis depuis toujours favorable à cette fusion. Et cela, Georges Méric (président socialiste du CD 31, qui est, lui, farouchement opposé au projet, NDLR) le sait depuis 2017. En attendant que cette réforme se fasse - si elle se fait -, je souhaite que nous puissions continuer à travailler ensemble. Mon seul objectif est que le citoyen y gagne. »
Les élections municipales à Toulouse Sur ce sujet, l’édile reste sur sa ligne : pas question de déclarer une éventuelle candidature. « Je suis davantage concentré sur la finalisation des projets lancés que sur des pensées électorales municipales », soutient-il. Reste que la multiplicité des candidatures potentielles à gauche ne lui a pas échappé. « C’est un peu Noël tous les jours, sourit-il. On accroche des étoiles en haut du sapin. Mais je crois aussi qu’il y aura des étoiles filantes… » Pour le maire de Toulouse, « les forces qui se structurent actuellement dans l’opposition sont profondément divisées sur les dossiers importants ». A-t-il eu le temps de lire les livres publiés récemment par les potentiels candidats ? « Pas encore, mais je le ferai, car il peut y avoir de bonnes idées partout », répond-il.










