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Hérault
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Aménagement - Urbanisme
| 4/04/2011

Gare nouvelle : Raymond Couderc « vend » Béziers Est à Thierry Mariani

« On a mis le paquet », a glissé Raymond Couderc, président de Béziers Méditerranée (UMP) à Elie Aboud, député UMP de l’Hérault, lundi 4 avril à Villeneuve-les-Béziers, après avoir fait venir le secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani. Ce dernier s’est vu présenter par RFF l’avancement du projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan et par les élus et techniciens de Béziers Méditerranée le projet de gare nouvelle à Béziers Est.
Le dossier est encore très en amont : la ligne nouvelle elle-même est encore à l’état de projet. Et il ne sera pas aisé d’en assurer le montage financier (coût estimatif : environ 6 Md€, pour 150 km de long). RFF, maître d’ouvrage, table pour une déclaration d’utilité publique en 2015 et une mise en service en 2020. Une ou deux gares nouvelles devrait se greffer sur le linéaire. Entre Béziers et Narbonne, le match a déjà commencé.
Béziers a fait valoir, ce lundi 4 avril, ses atouts en termes d’intermodalité (connexion entre les autoroutes A9 et A 75, proximité de l’aéroport notamment) et de potentiel touristique (station du Cap d’Agde). Narbonne, de son côté, met en valeur l’arrivée future de l’éventuelle ligne nouvelle Toulouse/Narbonne, pour édifier une gare nouvelle au croisement des deux lignes.

Béziers joue les cartes intermodalité et tourisme
« Michel Py, dans l’Aude, ne connaît pas le dossier et a écrit des imbécillités énormes (allusion à un article paru dimanche, où le maire de Leucate défend une gare nouvelle à Montredon, dans l’Aude, NDLR), a déclaré Raymond Couderc. Le TGV, ce n'est pas un métro. On ne descend pas à une station pour prendre la correspondance pour une autre direction. Pour faire Barcelone/Toulouse en TGV, on ne descendra pas à Narbonne pour changer de train, on fera Barcelone/Toulouse directement ! Cela fait quinze ans que je travaille sur ce dossier, je commence à avoir la connaissance de l’ensemble des données techniques et économiques. La SNCF souhaite implanter une gare à un endroit où il va y avoir des voyageurs. »
Pourquoi Béziers Est ? Pour Raymond Couderc, « parce que le Cap-d’Agde est la plus grande station balnéaire d’Europe, parce que l’autoroute A 75 dessert Millau, Lodève, Pézenas et la vallée de l’Hérault. Nous avons l’intermodalité à Béziers, avec la rencontre des deux autoroutes A9 et A75. Voilà pourquoi c’est logique et intelligent de réaliser une gare à Béziers Est, en termes d’intermodalité et de desserte d’un territoire. On sera là pour participer à l’installation de la gare, parce que c’est un élément essentiel de notre territoire. Si la gare est réalisée, nous déplacerons la ligne classique sur 7 km au droit des communes Cers et Villeneuve les Béziers. » Autres arguments avancés : le site de Béziers Est n’est pas impacté par les zones inondables, se trouve en zone périurbaine, présente une opportunité d’interconnexion TGV/TER…
Pour Raymond Couderc, il ne pourra pas y avoir deux gares nouvelles, une à Béziers et une à Narbonne (hypothèse pas exclue par RFF à ce jour, NDLR) : « Ca ne peut pas être les deux, et ça sera Béziers, a-t-il lancé lors d’un point-presse. La gare de Narbonne est une aberration technique. On ne fait pas une gare nouvelle à la rencontre de deux lignes TGV. La connexion prend 10 km de long, c’est une lubie ! »


Mariani joue la prudence

« Le positionnement des gares sera déterminé en fonction de l’endroit où ça sera le plus utile », a déclaré, prudent, Thierry Mariani. Une décision sera prise « au plus tard » en 2014. « Ce qui est important dans ce dossier, c’est qu’on continue à avancer, a-t-il ajouté. Etant un élu du Sud, j’attache beaucoup d’importance à ce que la liaison vers l’Espagne aille vite, et qu’on ne prenne pas de retard. C’est long, entre les études et la concertation. C’est aussi le prix pour le respect de l’environnement, pour préserver les intérêts bien compris des uns et des autres. »
Même si le projet n’est « pas financé », le secrétaire d’Etat aux Transports s’est dit optimiste. « Les collectivités territoriales ont pris une part primordiale dans le financement des études. Ce qui est important, c’est la façon dont part un dossier, et ce dossier part plutôt bien parce que malgré les divergences politiques, je constate que la plupart des élus font bloc avec l’Etat pour faire avancer ce dossier. »
Concernant le projet de déplacement de l’autoroute A9 au droit de Montpellier, qui va faire l’objet d’une concertation dans les prochaines semaines, Thierry Mariani a déclaré : « Le choix sera fait avant l’été. Sous l’autorité du préfet vont être lancées quelques réunions de concertation. Tout le monde pensait que le tracé long allait capoter devant la justice, soyons honnêtes. Or, le conseil d’Etat l’a validé… »

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