Gare nouvelle : Raymond Couderc « vend » Béziers Est à Thierry Mariani
« On a mis le paquet », a glissé Raymond Couderc, président de Béziers Méditerranée (UMP) à Elie Aboud, député UMP de l’Hérault, lundi 4 avril à Villeneuve-les-Béziers, après avoir fait venir le secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani. Ce dernier s’est vu présenter par RFF l’avancement du projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan et par les élus et techniciens de Béziers Méditerranée le projet de gare nouvelle à Béziers Est.
Le dossier est encore très en amont : la ligne nouvelle elle-même est encore à l’état de projet. Et il ne sera pas aisé d’en assurer le montage financier (coût estimatif : environ 6 Md€, pour 150 km de long). RFF, maître d’ouvrage, table pour une déclaration d’utilité publique en 2015 et une mise en service en 2020. Une ou deux gares nouvelles devrait se greffer sur le linéaire. Entre Béziers et Narbonne, le match a déjà commencé.
Béziers a fait valoir, ce lundi 4 avril, ses atouts en termes d’intermodalité (connexion entre les autoroutes A9 et A 75, proximité de l’aéroport notamment) et de potentiel touristique (station du Cap d’Agde). Narbonne, de son côté, met en valeur l’arrivée future de l’éventuelle ligne nouvelle Toulouse/Narbonne, pour édifier une gare nouvelle au croisement des deux lignes.
Pour Raymond Couderc, il ne pourra pas y avoir deux gares nouvelles, une à Béziers et une à Narbonne (hypothèse pas exclue par RFF à ce jour, NDLR) : « Ca ne peut pas être les deux, et ça sera Béziers, a-t-il lancé lors d’un point-presse. La gare de Narbonne est une aberration technique. On ne fait pas une gare nouvelle à la rencontre de deux lignes TGV. La connexion prend 10 km de long, c’est une lubie ! »
Mariani joue la prudence
« Le positionnement des gares sera déterminé en fonction de l’endroit où ça sera le plus utile », a déclaré, prudent, Thierry Mariani. Une décision sera prise « au plus tard » en 2014. « Ce qui est important dans ce dossier, c’est qu’on continue à avancer, a-t-il ajouté. Etant un élu du Sud, j’attache beaucoup d’importance à ce que la liaison vers l’Espagne aille vite, et qu’on ne prenne pas de retard. C’est long, entre les études et la concertation. C’est aussi le prix pour le respect de l’environnement, pour préserver les intérêts bien compris des uns et des autres. »
Même si le projet n’est « pas financé », le secrétaire d’Etat aux Transports s’est dit optimiste. « Les collectivités territoriales ont pris une part primordiale dans le financement des études. Ce qui est important, c’est la façon dont part un dossier, et ce dossier part plutôt bien parce que malgré les divergences politiques, je constate que la plupart des élus font bloc avec l’Etat pour faire avancer ce dossier. »
Concernant le projet de déplacement de l’autoroute A9 au droit de Montpellier, qui va faire l’objet d’une concertation dans les prochaines semaines, Thierry Mariani a déclaré : « Le choix sera fait avant l’été. Sous l’autorité du préfet vont être lancées quelques réunions de concertation. Tout le monde pensait que le tracé long allait capoter devant la justice, soyons honnêtes. Or, le conseil d’Etat l’a validé… »










