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Languedoc-Roussillon
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Aménagement - Urbanisme
| 6/04/2011

Gare nouvelle : les Audois se rebiffent

Après que Thierry Mariani, secrétaire d’Etat aux Transports (UMP) a assisté ce lundi 4 avril à Villeneuve-les-Béziers à une présentation par les élus biterrois de leur projet de gare nouvelle sur le tracé de la future ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan, les élus audois* réagissent et demandent un rendez-vous au ministre.
Dans un courrier du 4 avril communiqué à la presse, les Audois réaffirment leur volonté de voir leur département doté d’une gare nouvelle. Le site envisagé se situe à Montredon, à l’ouest de Narbonne. Arguments mis en avant : le fait que l’Aude devrait être traversé, à l’horizon 2025-2030, par deux lignes nouvelles à grande vitesse (Toulouse/Narbonne et Montpellier/Perpignan) ; l’intégration, début 2011, de la commune de Port-la-Nouvelle (et de son port industriel) dans l’agglomération de Narbonne, renforçant son poids économique. En clair, le match Béziers/Narbonne, deux villes distantes de 25 km et dont la rivalité est historique, est bel et bien lancé.
« Le Département de l’Aude sera à terme le seul département (du L.-R., NDLR) au carrefour de deux LGV, écrivent les élus audois. D’une part, le tronçon Montpellier-Perpignan, dont les études fonctionnelles sont en cours, d’autre part, la future ligne Narbonne-Bordeaux dont les pré-études ont également démarré (…) Les élus de Béziers Méditerranée souhaitent que la future gare de la LGV soit implantée à Villeneuve-lès-Béziers, ce qui ferait avec celle de Montpellier (La Mogère, prévue pour 2016-2017, lors de la mise en service du contournement de Nîmes et Montpellier, NDLR) deux gares pour le seul département de l’Hérault. Cette option uniquement héraultaise ruinerait le projet d’une gare à Narbonne, ce que nous ne comprendrions pas. Le Département de l’Aude serait ainsi le seul en Languedoc-Roussillon à ne pas être desservi alors qu’à l’horizon de 2025, deux lignes à grande vitesse traverseraient son territoire. »

Mariani joue la prudence
Pour Raymond Couderc, sénateur-maire UMP de Béziers, il ne pourra pas y avoir deux gares nouvelles, une à Béziers et une à Narbonne - cette hypothèse n’est cependant pas exclue par RFF, maître d’ouvrage de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, NDLR. « Ca ne peut pas être les deux, et ça sera Béziers, a-t-il glissé lundi. Le projet de gare de Narbonne est une aberration technique. On ne fait pas une gare nouvelle à la rencontre de deux lignes TGV. La connexion prend 10 km de long, c’est une lubie ! »
« Le positionnement des gares sera déterminé en fonction de l’endroit où ça sera le plus utile », a déclaré, prudent, Thierry Mariani. Le secrétaire d’Etat a indiqué qu’en matière de gare nouvelle, aucune décision n’était prise à ce jour et qu’entre Narbonne et Béziers, et que le couperet tomberait « au plus tard » en 2014.
Il a aussi rappelé que la priorité, à ce jour, est le financement des études préalables à l’enquête publique pour ce projet d’infrastructure de 150 km de long. RFF prévoit une déclaration d’utilité publique en 2015. Si RFF, l’Europe, l’Etat, les collectivités locales, les éventuels partenaires privés (PPP ou concession) et étrangers (Catalogne ?) trouvent le montage financier nécessaire à sa réalisation, la nouvelle infrastructure (coût estimatif : environ 6 Md€) pourrait entrer en service à l’horizon 2020-2022.

* Jacques Bascou, député-maire de Narbonne ; Jean-Claude Pérez, député-maire de Carcassonne ; Jean-Paul Dupré, député-maire de Limoux ; Roland Courteau, sénateur de l’Aude ; André Viola, président du conseil général de l’Aude ; Marcel Rainaud, sénateur de l’Aude.
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