Gare nouvelle : les Audois se rebiffent
Après que Thierry Mariani, secrétaire d’Etat aux Transports (UMP) a assisté ce lundi 4 avril à Villeneuve-les-Béziers à une présentation par les élus biterrois de leur projet de gare nouvelle sur le tracé de la future ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan, les élus audois* réagissent et demandent un rendez-vous au ministre.
Dans un courrier du 4 avril communiqué à la presse, les Audois réaffirment leur volonté de voir leur département doté d’une gare nouvelle. Le site envisagé se situe à Montredon, à l’ouest de Narbonne. Arguments mis en avant : le fait que l’Aude devrait être traversé, à l’horizon 2025-2030, par deux lignes nouvelles à grande vitesse (Toulouse/Narbonne et Montpellier/Perpignan) ; l’intégration, début 2011, de la commune de Port-la-Nouvelle (et de son port industriel) dans l’agglomération de Narbonne, renforçant son poids économique. En clair, le match Béziers/Narbonne, deux villes distantes de 25 km et dont la rivalité est historique, est bel et bien lancé.
« Le Département de l’Aude sera à terme le seul département (du L.-R., NDLR) au carrefour de deux LGV, écrivent les élus audois. D’une part, le tronçon Montpellier-Perpignan, dont les études fonctionnelles sont en cours, d’autre part, la future ligne Narbonne-Bordeaux dont les pré-études ont également démarré (…) Les élus de Béziers Méditerranée souhaitent que la future gare de la LGV soit implantée à Villeneuve-lès-Béziers, ce qui ferait avec celle de Montpellier (La Mogère, prévue pour 2016-2017, lors de la mise en service du contournement de Nîmes et Montpellier, NDLR) deux gares pour le seul département de l’Hérault. Cette option uniquement héraultaise ruinerait le projet d’une gare à Narbonne, ce que nous ne comprendrions pas. Le Département de l’Aude serait ainsi le seul en Languedoc-Roussillon à ne pas être desservi alors qu’à l’horizon de 2025, deux lignes à grande vitesse traverseraient son territoire. »
Il a aussi rappelé que la priorité, à ce jour, est le financement des études préalables à l’enquête publique pour ce projet d’infrastructure de 150 km de long. RFF prévoit une déclaration d’utilité publique en 2015. Si RFF, l’Europe, l’Etat, les collectivités locales, les éventuels partenaires privés (PPP ou concession) et étrangers (Catalogne ?) trouvent le montage financier nécessaire à sa réalisation, la nouvelle infrastructure (coût estimatif : environ 6 Md€) pourrait entrer en service à l’horizon 2020-2022.
* Jacques Bascou, député-maire de Narbonne ; Jean-Claude Pérez, député-maire de Carcassonne ; Jean-Paul Dupré, député-maire de Limoux ; Roland Courteau, sénateur de l’Aude ; André Viola, président du conseil général de l’Aude ; Marcel Rainaud, sénateur de l’Aude.










