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Région Occitanie
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Transports - Logistique
| 27/06/2017

Gare de Nîmes, CNM, GPSO, convention TER : la SNCF se confie

Jacques Rascol et Pierre Boutier, directeurs régionaux de SNCF Mobilités et SNCF Réseau, ont détaillé les projets en Occitanie, ce mardi devant la presse montpelliéraine.

Pierre Boutier souligne : « Hormis l’Ile-de-France, l’Occitanie est la région la plus concernée par les projets ferroviaires. Côté ex-LR, il y a la fin des travaux du CNM, avec deux gares nouvelles, une dont les travaux sont plus qu’avancés (Montpellier Sud de France) et une (Nîmes Manduel Redessan) dont la déclaration d’utilité publique a été signée, le 12 juin, par le préfet du Gard. Côté Toulouse, la mise en service de la ligne Tours-Bordeaux, ce 2/7, va ramener le temps de trajet entre Toulouse et Paris de 5h30 à 4h10. Ce qui est un événement considérable. »

Lignes nouvelles : Montpellier-Béziers à l'horizon 2030. La ligne nouvelle entre Toulouse et Bordeaux (Grand Projet Sud Ouest) est prévue pour 2024, « et la prolongation du contournement Nîmes-Montpellier en Montpellier-Béziers, en ligne mixte (grande vitesse à 220 km/h – fret) à un horizon 2030. On est, pour ce projet, sur la constitution du dossier d’enquête publique, qui va être livrée aux services de l’Etat pour la fin de l’été. L’Etat devrait lancer l’enquête publique pour cette ligne mixte Montpellier-Béziers à la fin du S1 2018. Particularité de la région Occitanie pour ces projets : il n'y a pas énormément d’associations de lutte contre les lignes nouvelles, comme il a pu y en avoir dans la Vallée du Rhône, ou comme il pourrait y en avoir au Pays Basque. L’arrivée des TGV dans la gare de centre-ville au niveau de Béziers est privilégiée, avec l’aménagement d’un pôle d’échanges multimodal. Ça sera un projet structurant pour l’agglomération biterroise. »

Le CNM (contournement de Nîmes et Montpellier) dans les starting blocks. La mise sous tension de la caténaire date du 31/5 et le raccordement du CNM au réseau ferré national du 24-25/6. « On peut faire circuler les trains d’essai pour tester cette nouvelle infrastructure. Les essais commencent cette semaine. Premier essai : un train de mesure de la géométrie de la voie, ce mercredi, puis des essais de montée en vitesse à partir du 17/7, jusqu’à 220 km/h. Puis, il y aura la formation des conducteurs des entreprises ferroviaires (le secteur est ouvert à la concurrence, NDLR). Nous commençons par les trains de marchandises, avant la mise en service pour le fret le 11/12. » Les entreprises de fret ferroviaire auront le choix entre l’axe actuel et le CNM, pour un tarif identique. « Elles ne sont pas obligées de passer par le CNM, qui requiert des locomotives bicourants. Les deux tiers des entreprises ont dit qu’elles passeraient par le CNM, qui leur permet d’éviter l’axe Nîmes-Montpellier actuel, l’un des plus encombrés de France. » 40 trains de fret par jour passeront sur le CNM (sur 60 au total).

« La désaturation permet, pour les entreprises ferroviaires, d’être plus sûres d’arriver à l’heure. Alors qu’à ce jour, les trains de fret sont souvent obligés de ralentir dans le passage des gares », explique Jacques Rascol.
Par ailleurs, SNCF a réglé 50 M€ à Oc’Via, titulaire du contrat de partenariat public-privé, dans le cadre d’une médiation, du fait de dépassements de travaux par rapport au cahier des charges initial.

Quelle répartition du trafic TGV entre ligne actuelle et CNM ? « Le travail est en cours sur la répartition des TGV. Ce sera environ 50 % / 50 %. A terme, à partir de 2020, environ 25 TGV (A/R) circuleront chaque jour sur le CNM, ainsi que 40 trains de fret. Et quelques Intercités, dont le nombre dépendra du schéma directeur de la Transversale Sud (Marseille-Bordeaux), en cours d’élaboration par l’État, sous l'autorité du préfet de région Pascal Mailhos », rappelle Jacques Rascol.

Gare de Montpellier Sud de France. Elle accueillera 4 TGV (dont 2 Ouigo) / jour à partir de juillet 2018, auquel l’Etat ajoutera 4 Intercités (ceux qui ne s’arrêtent pas à Nîmes sur l’axe Marseille-Bordeaux). Soit 8 trains par jour pour la gare nouvelle Montpellier, « dans une phase transitoire, avant la mise en service de la gare de Nîmes », observe Jacques Rascol.

Gare de Nîmes Manduel déclarée d’utilité publique : et maintenant ? « On est dans phase d’appels d’offres et de consultation des entreprises, détaille Pierre Boutier. Le diagnostic archéologique se déroulera cet été. Les travaux de terrassement seront lancés en octobre, et ceux du bâtiment en février-mars 2018, pour une livraison décembre 2019. Le calendrier sera réduit d’un an par rapport au calendrier initial. »

Jacques Rascol, à propos de Cap TER 2020 (SNCF) et des négociations en cours avec la Région Occitanie pour la convention TER. « Le but, c’est l’augmentation du trafic, la baisse des coûts, la qualité de service. On travaille à le décliner au niveau Occitanie. On a eu un début d’année très compliqué. Mais depuis mai, le résultat des TER est à environ 91,2 % (trains arrivant à l’heure). Nous enregistrons une baisse de 60 % des trains à irrégularité chronique sur la grande région depuis le début de l’année. » Le 8/8, la SNCF mettre en ligne un seul site TER Occitanie. « On souhaite être transporteur et distributeur. Etre une plateforme est devenu un enjeu énorme. »

Les négociations avec la Région pour la convention TER. « Depuis début 2017, nous échangeons avec la Région sur la première convention TER grande région. À ce jour, c’est les deux conventions des deux ex-régions LR et MP qui s’appliquent. D’où la complexité du dossier. Les négociations, comme l’a dit Carole Delga lors du Petit Déj de La Lettre M, sont âpres. La Région se dit pro-ferroviaire. Dont acte. Mais quelle offre supplémentaire, dans quel délai, à quel prix ? »
Particularité de la région : la prépondérance des voies uniques (75 % du trafic). « Dans les autres régions, la proportion est inverse », souligne Pierre Boutier. « À la Région de trancher en matière d’équation économique. La Région exprime une exigence de forte qualité de service. De notre côté, nous veillons à une rétribution du service public », résume Jacques Rascol. Avec des détails fins. « L’ex-Région LR n’avait pas acheté de nouveau matériel, alors que l’ex-Région MP avait acquis 51 Regiolis. Nous proposons à la Région de faire circuler ces Regiolis sur l’ensemble de la région, ce qui n’est pas encore le cas. » La structure de voyageurs est par ailleurs différente entre les deux anciennes régions. « Il y a deux fois plus d’abonnés TER en ex-MP, l’ex-LR comptant davantage de touristes. Il faut bâtir une gamme tarifaire qui satisfasse les deux. Il est normal que la Région prenne son temps pour trouver le bon équilibre. Martin Malvy (ex-président de l’ex-Région MP) avait investi 840 M€ sur les lignes du réseau régional entre 2008 et 2013. Le réseau a été modernisé pour les voies uniques. Il ne l’a pas du tout été en ex-LR. »

SNCF Réseau annonce 450 M€ d’investissements cette année sur le réseau existant, et 1 M€ sur la modernisation du réseau structurant d’ici à 2022 en Occitanie.

Enfin, à partir de décembre, l’Etat a décidé de passer de 6 à 8 Intercités par jour entre Marseille et Bordeaux. Conséquence : la possibilité d’arriver à une heure raisonnable (avant 9h) le matin à Toulouse au départ de Montpellier, ou vice-versa, avec une liaison d’une durée d’environ 2h10. « Une tarification professionnelle sera mise en place, pour offrir la possibilité d’A/R dans la journée », souligne Jacques Rascol.

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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