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| | 11/10/2007

Gard : Covial va licencier 73 personnes sur 88 mais garde sa filiale « bio »

La coopérative de fruits et légumes Covial, à Manduel, va engager une restructuration qui aboutira à la fermeture de son principal site de production, et au licenciement de 73 de ses 88 salariés. La coopérative, qui emploie également jusqu’à 220 saisonniers, devrait recentrer son activité sur sa filiale Uni-Vert, dédiée aux fruits bio, qui emploie 5 personnes. Selon des représentants du personnel, interrogés par La Lettre M, cette situation est le résultat de la crise qui touche les producteurs de pommes, mais également d’un conflit au sein de la structure, entre ceux-ci et les producteurs de fruits bio. « Les producteurs de pommes sont partis les uns après les autres, ces dernières années, pour s’adresser à d’autres structures, dans lesquels ils se disaient mieux rémunérés ». Sur 20 producteurs présents au CA de la SCA, 3 seulement seraient encore prêts, aujourd’hui, à confier le conditionnement de leurs fruits à la Covial. Résultat : alors que le tonnage s’élevait il y a quelques années à 20 000 t annuels, moins de 4 000 t de pommes devraient être conditionnés en 2007 par la coopérative de Manduel.L’un des producteurs concernés, Jean Perrin (Mas Saint-Paul à Beaucaire), confirme la grogne de ses pairs, majoritaires au CA de la coopérative, mais nuance : « C’est vrai que les prix pratiquées par la Covial ne permettaient plus à certains producteurs de s’en sortir. Mais nous avons proposé une fusion avec une autre structure du Gard pour sauver la société. Elle a été refusée par les producteurs de bio ». Jean Perrin incrimine avant tout les « lourdeurs » d’une structure « surdimensionnée », qui a fortement investi sur son outil industriel après avoir fusionné avec plusieurs coopératives (Seuil de Provence, L’Arlésienne) dans les années 90. Tout en reconnaissant avoir approuvé cette stratégie, en tant que membre du CA, il estime que « les derniers dirigeants n’étaient pas à la hauteur d’une coopérative de cette ampleur ».

Démissions en série

Les démissions et les départs en maladie se sont succédé ces derniers mois à la tête de la Covial. Selon les salariés, un plan alternatif, prévoyant une restructuration moins sévère, aurait été mis en place par Guy Savanier, producteur de fruits bio, ancien président de la Fdsea, et président par intérim de la Covial après le départ du président en exercice. Il aurait été rejeté de peu par le CA, entraînant la démission de l’intéressé. Après l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, cet été, par le tribunal de commerce, un nouveau plan, plus radical, a été préparé par le président actuel, Bertrand Féraut, arboriculteur à Bellegarde (Guy Savanier et Bertrand Féraut n’ont pas donné suite à nos demandes d’entretien). Les salariés, qui soulignent que l’entreprise est riche, « avec des fonds propres importants, pas de dette, et une belle trésorerie », ont commandé un audit qui sera rendu par le cabinet Secafi le 30 octobre prochain. Les licenciements devraient être effectifs en novembre.

Seule reste la filiale bio

Créée en 1961, la Covial s’est concentrée à partir de 1992 sur les fruits, en particulier les pommes et les abricots. Le lancement d’une union de coopératives, Edenys, n’a pas eu le succès escompté. Entre 1999 et 2006, le tonnage de fruits a baissé de 18 000 t. En revanche, la filiale bio, Uni-Vert, connaît selon les salariés une croissance de 20 % par an. Leader revendiqué au niveau européen de la salade bio, elle devrait produire, en 2008, 1 500 t de salades et 900 t d’autres fruits et légumes.H. F.

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