Fil infos

Languedoc-Roussillon
|
Institutions
| 5/03/2010

François Fillon à Nîmes : « il n’y a pas de fief imprenable »

Le premier ministre François Fillon a assuré, jeudi 4 mars, devant une foule d’un millier de militants, venus l’acclamer au stade des Costières, à Nîmes, qu’il n’y avait « pas de fief imprenable, ni de chef indélogeable ». L’allusion ne visait pas le président de la République, Nicolas Sarkozy, à qui il a pris soin de rendre plusieurs fois hommage, pendant son discours, mais le président sortant DVG du Languedoc-Roussillon, qui a servi de punching-ball aux orateurs assurant la première partie du meeting. Le maire UMP de Nîmes, Jean-Paul Fournier, a dénoncé « sa vulgarité et son autoritarisme », et assuré que c’était « par (sa) faute que Languedoc-Roussillon (était) à la traîne de toutes les régions françaises. Le seul domaine dans lequel nous sommes les premiers, c’est celui de la hausse des impôts ! ». Son adjoint Yvan Lachaud (Nouveau Centre) a lui aussi tiré à vue sur Georges Frêche, qui met, selon lui, « la Région au service de sa collectivité, l’Agglo de Montpellier. Pour les autres, rien ! » La tête de liste UMP, Raymond Couderc, a dénoncé, ensuite, la « débauche de propagande », et le bilan calamiteux, à ses yeux, du sortant. Qualifiant les parcs d’activité régionaux de « friches de Frêche », il a annoncé son intention de « changer les choses radicalement : il n’y a pas de fatalité pour que cette région soit toujours la dernière ». « Six ans de grand guignol et d’abrutissement, ça suffit ! »

« Couteaux tirés »

Qualifiant le maire UMP de Béziers d’« homme déterminé, généreux, opiniâtre et raisonnable », François Fillon s’est félicité que « la majorité présidentielle (se présentait) unie, dès le 1er tour », sans faire allusion aux listes dissidentes de Christian Jeanjean. « À gauche, c’est une guerre à couteaux tirées », s’est réjoui le Premier ministre, avant de tirer à son tour sur l’épouvantail Frêche, « connu pour ses propos brutaux dont certains sont inqualifiables. Un élu de la république cherche à rassembler, pas à provoquer. Il cherche à unir ses concitoyens, et non à les blesser ou à les abaisser. Le parti socialiste a longtemps fait mine d’ignorer ces dérapages. Maintenant, il paye sa complaisance. »
Le chef du gouvernement a insisté ensuite sur « l’unité entre l’État et les régions » « Nous avons besoin de 26 régions fortes, créatives et dynamiques. Dans un monde de 6 milliards d’habitants, les 65 millions de Français ne doivent pas concevoir la décentralisation comme une affaire de clochers mais comme un moyen d’agir ensemble au plus près des réalités locales ».

« L’activité repart »

François Fillon, qui a affirmé que « notre pays a mieux tenu le choc que la plupart de ses partenaires européens et est sorti premier de la récession », a assuré qu’« en 2010, notre croissance sera l’une des plus élevées de l’Union européenne ». « L’activité repart, mais la situation reste fragile », a-t-il tempéré, avant d’énumérer les mesures mises en place pour « renforcer notre compétitivité » : « suppression des 35 heures obligatoires », défiscalisation des heures supplémentaires, suppression de la taxe professionnelle, cet « impôt absurde ».
Il a ensuite appelé les régions à « maîtriser les comptes publics », en mettant en avant les mesures d’économie instaurées par son gouvernement, qui « regroupe ses services administratifs » et « ne renouvelle pas tous les fonctionnaires qui partent à la retraite ». « À quoi sert-il que nous nous battions pour ne pas augmenter les impôts si, par ailleurs, les impôts régionaux augmentent ? », s’est-il interrogé. « Parmi nos régions, le Languedoc-Roussillon est celle qui a le plus fort taux de pression fiscale. Elle est celle qui a l’un des plus hauts taux d’imposition sur la taxe professionnelle ». Il a également raillé la volonté de la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, de faire des régions des « contre-pouvoirs ». « C’est le contraire qu’il faut faire ! Les régions doivent accompagner la transformation de notre pays, non de façon servile, non de façon mécanique, mais de façon constructive et créative ».
Le premier ministre, qui fêtait, le 4 mars, son 56e anniversaire, a reçu en cadeau un modèle réduit de la Peugeot 908 qui a remporté les 24 heures du Mans, et que François Fillon, amateur de bolides automobiles, a lui-même conduit. Il en a profié pour filer la métaphore sur l’action de son gouvernement : « on ne conduit pas une 908 en appuyant à la fois sur le frein et l’accélérateur ! »

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie