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Midi-Pyrénées
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Commerce - Artisanat
| 2/06/2020

Fortunes diverses dans l'e-commerce

+ 8 % en janvier et février, - 10,1 % en mars : le baromètre trimestriel de la Fédération du e-commerce et de la vente en distance (Fevad), publié le 28 mai, traduit bien le coup d’arrêt que le confinement a porté au commerce en ligne (produits et services) au sein de l’Hexagone. L’Occitanie n’a pas fait exception, avec des ventes en chute libre dans certains secteurs : tourisme, transports, loisirs, services aux entreprises, etc. « Jusqu'à la mi-avril, nous enregistrions une baisse de 90 % de l'activité sur notre marché historique de l'impression en ligne pour les professionnels », témoigne Antoine Roux, fondateur de la société toulousaine PrintOclock (70 salariés, 12,5 M€ de CA en 2019). Tom Press, distributeur tarnais de matériel destiné au fait-maison (conserves, fumoirs, stérilisateurs, pressoirs à fruits…, 20 salariés, plus de 4 M€ de CA), a quant à lui enregistré une perte moyenne de 50 % de chiffre d’affaires la première semaine de confinement. « Notre boutique à Sorèze a fermé, nos revendeurs ont stoppé leur activité et notre site internet a lui aussi plongé », relate son directeur Micaël Diancoff. Deux mois plus tard, il fait pourtant état d’une progression globale de 30 % « assez inespérée, grâce à l’explosion des ventes de farine, levure et autres matériels pour faire ses pâtes et son pain ».

Confinés, les Français ont acheté sur internet leurs produits de première nécessité (alimentation, santé, hygiène). « Les attentes des consommateurs sont fortes. Ils comptent sur nous pour les aider dans cette période difficile, en ayant en stock des produits du quotidien comme du lait infantile », illustre Loïc Lagarde, directeur général de la parapharmacie en ligne Santédiscount (près de 200 salariés, 100 M€ de CA visé en 2020, siège à Montrabé – 31), qui table sur + 30 voire + 40 % de croissance. La crise a aussi modifié certaines habitudes : envie de faire soi-même, de s’occuper de sa maison… Une tendance qui a profité au site de vente privée dédié au bricolage, au jardinage et à l’aménagement Brico Privé (170 salariés, 175 M€ de volume d’affaires, siège à L’Union – 31). « Les quinze premiers jours du confinement ont été très dynamiques, avec des taux de croissance de + 70 à + 90 %, conformes à nos anticipations. Mais c’est en avril que l’activité a vraiment explosé, en doublant voire en triplant toutes les semaines », confie Marc Leverger, cofondateur.

Pas question cependant de se reposer sur ces performances : « Aujourd’hui, la tendance nous est plutôt favorable, mais l’ampleur de la crise reste inconnue et nous ne ferons pas éternellement du plus si tout le monde fait du moins. Demain, il va falloir être plus tactiques et agiles que jamais », estime le dirigeant. Même constat chez PrintOclock, qui a redressé la barre en se lançant dans le négoce et la production de masques de protection (+ 66 % de CA en avril par rapport au même mois l’an dernier). Une croissance qu'Antoine Roux s'attend à voir se tasser, mais « la crise nous aura prouvé que nous étions capables de proposer autre chose à nos clients. Je pense que demain, PrintOclock vendra toujours des produits, qu'elle en fabriquera aussi, et pas uniquement dans le secteur de l'impression ».

Aline Gandy
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