Pyrénées-Orientales
Tourisme - Loisirs
Font-Romeu : les finances de la station de ski jugées contraintes
« Sans être aussi préoccupante que celle d’autres stations, la situation financière de Font-Romeu Pyrénées 2000 est contrainte », indique la chambre régionale des comptes dans son rapport d’observations définitives sur la gestion du syndicat d’exploitation et d’aménagement de la station familiale Font-Romeu Pyrénées 2000 (2006-2012), rendu pubic en août. Ce syndicat, qui réunit les communes de Font-Romeu-Odeillo-Via et de Bolquère, est géré dans le cadre d’une délégation de service public confiée à la société Altiservice, groupe GDF Suez (CA 2012 : 30 M€, 4 stations des Pyrénées). La fiabilité des comptes, tout comme le suivi patrimonial « laissent à désirer » selon la chambre, qui appelle à ce que « la qualité comptable doit être un objectif fort des années à venir. » Elle note par ailleurs que « la multiplicité des structures qui interviennent (communes, intercommunalités, associations, département, région, Etat) ne facilite guère la lisibilité de l’action publique et génère davantage de confusion qu’elle n’apporte de pistes de rationalisation. »
Manque de profitabilité
Selon la chambre, « la lecture des comptes rendus financiers produits par le délégataire Altiservice tend à confirmer le manque de profitabilité de l’exploitation. » En effet, Altiservice, qui a été recapitalisée en 2013, affiche en 2012 des résultats déficitaires (4,7 M€) pour un CA d’environ 10 M€, selon le rapport. La station accuse une baisse des journées ski (505 771 en 2005/2006 contre 464 316 en 2010/2011) due à la crise, les conditions d’enneigement,… alors que le chiffre d’affaires s’est accru de 10,41 % sur la période (9,7 M€ en 2010/2011).
Des investissements financés par l’emprunt
La station de ski « est parvenue à disposer d’équipements performants et à conserver une attractivité certaine » grâce à des investissements conséquents, estimés à plus de 30 M€ (43 km de pistes, 500 canons à neige, 23 remontées). Ils ont été financés par « un recours conséquent à l’emprunt par le syndicat » précise la chambre pointant une absence d’autofinancement net créant « une dépendance totale aux financements extérieurs. » La chambre précise que « les ressources dégagées par le fonctionnement, exclusivement assurées par les redevances versées par le délégataire et la taxe sur les remontées mécaniques, ne permettent pas de couvrir l’échéance annuelle du capital de la dette.» En outre la chambre pointe l’absence d’amortissement des immobilisations soutenant ainsi « (artificiellement) le résultat d’exploitation », selon le rapport qui a pointé d’autres anomalies -endettement (9,5 M€), actif (46,6 M€)-, « Les initiatives prises par les différents acteurs afin de donner des perspectives à l’activité ski sur le territoire de Cerdagne-Capcir n’ont pas, pour l’heure, donné les résultats escomptés » souligne la chambre. Les acteurs travaillent actuellement sur « un nouveau modèle économique visant à développer des activités complémentaires » en étudiant notamment une liaison avec la station des Angles.










