Fonds européens : la Région L.-R. demande 30 % pour la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan
Christian Bourquin, président de la Région L.-R., a demandé lundi à Bernard Cazeneuve, ministre chargé des Affaires européennes, en visite à Montpellier, un niveau de participation de 30 % de l’Europe pour la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (6 Md€), alors que le programme d’investissements 2014-2020 est en négociations à Bruxelles. La Région L.-R. s’engage de son côté à financer le projet à hauteur d’1 Md€ (La Lettre M papier de demain).
Devant une centaine de décideurs régionaux (Invest L.-R., Sud de France Développement, Soridec, CRCI, CGPME,…), réunis à l’Hôtel de Région, Bernard Cazeneuve a répondu : « Nous militons pour que le budget de Connecting Europe, qui concerne les lignes ferroviaires nouvelles, passe de 8 Md€ (2007-2013) à 40 Md€ (2014-2020). Nous n’avons pas la garantie d’atteindre 40 Md€, mais une chose est sûre : nous serons largement au-dessus des 8 Md€. » Il a fustigé les promesses distillées, d’après lui, par le précédent gouvernement. « L’Etat a identifié 245 Md€ d’investissements dans les transports, en prenant à sa charge 88 Md€. Or, la capacité annuelle d’investissement de l’AFITF (agence de financement des infrastructures de transport de France) est de 2 Md€. Soit 44 ans d’attente ! Il faut remettre de l’ordre dans cette maquette financière. » L’AFITF est en train de prioriser les projets ferroviaires. « Le vôtre (Montpellier-Perpignan, ndlr) est très prioritaire, comme l’est le Lyon-Turin », a tenu à rassurer le ministre. L'AFITF doit rendre ses conclusions courant 2013.
Il a rappelé les principaux prêts de la BEI (banque européenne d’investissement) en L.-R. : « 400 M€ pour l’équipement HQE de vos lycées, 200 M€ pour développer les filières énergétiques nouvelles, 300 M€ pour le contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier. 175 M€ pour le tramway de Montpellier. »
L’enjeu méditerranéen
Bernard Cazeneuve a tressé des louanges au dispositif Jérémie. « En France, seule la région Paca a également mis en place un dispositif similaire. Si les 20 autres présidents de Région le savaient, ils seraient d’une incommensurable jalousie, car Jérémie préfigure ce que sera la BPI pour accompagner l’innovation en région. »
Interpellé par Jean-Claude Gayssot, vice-président de la Région L.-R., le ministre a soutenu le principe de la création d’un statut « région en transition », qui pourrait apporter 100 M€ d’aides supplémentaires au L.-R. entre 2014 et 2020. « Nous avons un combat à mener sur ce point, a-t-il déclaré. Des régions très riches considèrent qu’elles doivent continuer à percevoir les mêmes niveaux de fonds européens, sur le dos des régions qui ne sont pas encore riches et qui sont en transition. »
D’après lui, la Région L.-R. a une carte à jouer, en termes de développement économique, de l’autre côté de la Méditerranée. « C’est en Méditerranée que se situe le baricentre des enjeux stratégiques pour l’Europe de demain. Les Régions et l’Europe doivent accompagner la démocratisation des pays arabes et commercer avec eux. » Concluant ironie : « Ce n’est pas la même chose que de traiter avec des dictateurs, que prônait Sarkozy à travers l’Union pour la Méditerranée. »










