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Languedoc-Roussillon
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Agri - Agro
| 19/12/2013

Flotille en berne : les chalutiers de Méditerranée tirent la sonnette d’alarme

Le ton était grave, hier soir, au Grau du Roi. Rassemblés à la maison de la mer, les patrons de chalutier graulens et sétois ont tenu une conférence de presse au nom des chaluts de Méditerranée, afin d’attirer l’attention sur la baisse inquiétante de la flottille : de 200 bateaux dans les années 80 à 71 aujourd’hui sur toute la côte méditerranéenne française. « Le métier est en danger, et, du coup, les structures à terre sont en danger », assure Paul Gros, président de la coopérative du Grau-du-Roi, qui emploie une trentaine de personnes, et patron d’un chalutier. En cause, selon eux, les réglementations européennes sur la taille marchande des poissons et sur le maillage des filets, qu’ils ne peuvent respecter. Ils entendent faire des propositions au ministre chargé des Transports, de la Pêche et de la Mer, Frédéric Cuvillier, afin d’essayer de faire évoluer certaines règles.
Des pêcheurs hors-la-loi
« Nous sommes hors-la-loi, mais suivre la réglementation nous amène à un désastre financier », poursuit Paul Gros. « Les chalutiers sont le socle des structures à terre. Sans chalutier, il ne peut pas y avoir d’économie de la pêche, s’indigne Philippe Pélissier, premier prud’homme du port du Grau du Roi. On fait l’autruche depuis 15 ans sur ces sujets, mais on ne peut plus continuer. Si on perd un bateau de plus, c’est la pêche qui s’arrête. Nous demandons simplement un maillage adapté à la pêcherie, que la réglementation soit régionalisée pour s’adapter aux spécificités de la Méditerranée. »

Sur les 71 chalutiers encore en service, les trois quarts sont en Languedoc-Roussillon, dont 13 à Sète et 17 au Grau-du-Roi. Chaque équipage compte 4 hommes en moyenne, contre 6 ou 7 auparavant. Il est également admis qu’un emploi embarqué génère 4 emplois à terre.

Photo : Des élus étaient également présents hier soir au Grau-du-Roi : au premier plan, Gilbert Collard, député FN du Gard. À ses côtés, Vincent Roux, professeur d'économie à l'université d'Aix-Marseille, avait également fait le déplacement pour apporter des éclairages sur le poids économique des chaluts et leur mauvaise image, en tant que "prédateur" des mers. A droite, Paul Gros, président de la coopérative et Léopold Rosso, premier adjoint au maire du Grau-du-Roi.

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