Financement de la croissance : l'enjeu d'un accompagnement bancaire adapté
Une entreprise doit-elle se faire accompagner par une ou plusieurs banques ? Sur quels critères choisir une banque avant de lever des fonds ? Ces questions sont au cœur d’une table ronde organisée par l’incubateur gardois Bic Innov’Up, le 6 novembre.
Pour certains dirigeants, à l’instar de Philippe Villain-Guillot, président de la biotech Nosopharm (8 personnes réparties entre Lyon et Nîmes), il est nécessaire d’être entouré de plusieurs partenaires bancaires très en amont de la vie de son entreprise. « Trois banques, c’est le minimum au départ. » Un avis que ne partage pas Frédéric Planche, responsable filière innovation NextInnov au sein de Banque Populaire du Sud : « Trois banques à la création d’une entreprise, à mon avis c’est trop. » Et d’expliquer : « Au début, les flux sont limités, voire inexistants, ce qui peut expliquer le manque d’intérêt des banques, surtout si elles sont trois. » Olivier Lapierre, dirigeant de l’entreprise de mécatronique et de robotique nîmoise Symétrie (une trentaine de salariés), confirme, « nous sommes restés environ cinq ans avec une seule banque. Aujourd’hui, nous en avons trois. Pour attirer les banques, il faut des flux. »
Bonne compréhension de l’activité et connexion à l'écosystème
Encore faut-il bien les choisir. La priorité étant d’être suivi par un conseiller bancaire qui comprend l’activité de l’entreprise et ses enjeux. « En 2000, les banquiers et l’innovation ça faisait deux, se souvient Olivier Lapierre. C’était l’époque de la bulle internet où des jeunes sortis de l’école levaient de l’argent pour faire un site, mais nous, personne ne comprenait notre activité. » Emmanuel Szerer, fondatrice de l’entreprise de textile Almé (7 salariés, CA 2020 estimé à 300 k€, Villeneuve-lès-Avignon), est en train de transférer les flux bancaires de son entreprise vers une nouvelle banque car la précédente ne comprenait pas assez bien son activité, estime-t-elle. « Ils (la première banque, NDLR) n’ont pas la grille de lecture de notre business. Il faut dire que nous ne sommes pas suivis par une agence spécialisée dans l’innovation. »
Laure Vidal, fondatrice de la start-up montpelliéraine Il était un fruit (snacking de pétales de fruits et de légumes, une vingtaine de salariés) a connu une expérience proche. « J’ai commencé avec une agence bancaire de petite taille et je ne rentrais pas dans les cases. Notre compte a ensuite été transféré vers une agence innovation de cette même banque et ça s’est bien passé. Ils savent lire les bilans des start-up. » La dirigeante recommande aussi de veiller à choisir un interlocuteur bancaire bien introduit dans l’écosystème de son entreprise. « Pour notre dernier tour de table, j’ai consulté plusieurs banques et j’ai choisi celle dont les agents étaient les plus connectés à notre écosystème. »










