Pyrénées-Orientales
Energies
Filière solaire : « il y a encore de l’espoir »

Hier après-midi, le palais consulaire de Perpignan accueillait une rencontre économique sur l’avenir de la filière solaire. A l’unanimité et malgré les difficultés rencontrées par le secteur depuis le moratoire, tous les intervenants ont porté une parole d’espoir, et notamment René Bidal, préfet des P.-O., présent pour l’occasion. « Même si 2011 est une mauvaise passe, nous entrons dans une phase où les énergies du solaire vont être très compétitives par rapport aux autres énergies », déclare André Joffre, président du Pôle de compétitivité Derbi. Selon lui, « la puissance solaire fin 2011 atteint 2,8 GW. L’objectif 2020 est de 5,4 GW. Inutile de vous dire qu’on sera autour de 7 à 8 GW ». « Les élus sont des prescripteurs et souvent des décideurs. Ils savent s’engager et ils s’engageront dans ce domaine », indique Guy Ilary, président de l’association des maires, partenaire de l’association ENR 66. « Derbi s’est mis en place, la dynamique s’est enclenchée, l’Université a joué son rôle. Les énergies nouvelles et le solaire sont le chapitre essentiel de la politique économique du département. Celle qui nous donne enfin une image de modernité, d’excellence », se félicite Jean-Paul Alduy, le président de l’agglomération de Perpignan. Selon Hermeline Malherbe, présidente du conseil général des P.-O., « à chaque projet, les collectivités territoriales ont été aux côtés des porteurs de projet. » Le fonds PV régional « a déjà financé 19 projets pour 22,8 M€ », précise Raphaëlle Vienot, chef de service plan climat Région L-R.
Le prix des cellules divisé par quatre
Face à un public d’institutionnels et de professionnels, André Joffre a étoffé son discours en expliquant les avancées et les perspectives du secteur. « Le secteur bénéficie d’un certain nombre d’avancées. Le prix des cellules a été divisé par quatre, des garanties constructeurs réassurées, des garanties de performance sur 20 ans », indique-t-il. Divers projets locaux ont été présentés et ré-évalués s’ils devaient être réalisés aujourd’hui. Ainsi, le coût des 68 000 m2 de toits photovoltaïques de Saint-Charles International serait ramené aujourd’hui à 35 M€ (puissance 9,5 MW) contre 56 M€ (9 MW) au moment de sa réalisation. « Preuve que la rentabilité des projets se poursuit malgré la baisse des tarifs d’achats, les coûts sont moindre et les puissances sont accrues », note-t-il. De son côté, Raphaëlle Vienot tempère : « l’année 2012 est difficile par rapport à l’appel d’offre CRE et la tarification demandée. En région, près de 400 projets ont été déposés. »
La parité réseau pour 2015
André Joffre pense que l’on arrive à la fin des locations de toitures. « Les entreprises équiperont des toits qui seront exploités. Cela va générer une augmentation des volumes d’ici 2020. En L-R, on est ambitieux avec 2 000 MW en 2020 », explique-t-il. « Il est envisagé une hausse de tarif de +10 % pour des installations d’origine européenne à 60 %. » Selon lui, « un emploi sur 10 est consacré aux cellules. Les 9 autres concernent les secteurs du bâtiment.» « En 4 ans, ce sont 950 emplois qui ont été créé par la filière », affirme Jean-Pierre Navarro, président de la CCIT des P.-O. Selon André Joffre, « dès 2015, on arrivera à la parité réseau. Les tarifs inciteront à l’autoconsommation de l’énergie produite voire à la revendre à ses voisins. La France compte 200 000 producteurs, on atteindra un million à terme. »
Label unique
Pour Frédéric Guillot, le directeur régional de l’Ademe, « l’avenir de la filière est conditionné par la recherche. L’image du secteur s’est dégradée y compris celle des professionnels. L’Ademe travaille avec les organisations professionnelles pour établir un label unique, qui puisse d’ici deux ans fédérer tout le monde. Les conditions de développement étant plus difficiles, le collectif va devoir jouer. » C'est le cas à travers l’Imeder, complète Bernard Fourcade, président de la CCIR : « La création de cet institut a permis aux professionnels de se connaître et de les conforter pour aller à l’export grâce à une labellisation reconnue. Des expérimentations ont été réalisées en Tunisie. »










