Pour la CCI de Nîmes, les commerçants nîmois sont loin de tirer tout le profit possible de la grande Feria de Pentecôte. Selon une étude réalisée par la CCI auprès des fêtards, d’une part, et des commerçants, d’autre part, les premiers, qui viennent d’abord du Gard et de la région (à 61 %), restent en moyenne trois jours, pendant lesquels ils dépensent 51 € par jour. L’hôtellerie-restauration en profite à plein : pour les cafetiers, la Feria de Pentecôte représente 35 % de leur chiffre d’affaires annuel ; pour les restaurateurs, c’est 12,8 %. Venus pour faire la fête et pour l’ambiance plus que pour la corrida (seulement 6 % de purs aficionados), les fêtards résident chez eux ou chez des amis (à 80 %). Mais les 20 % qui fréquentent un hébergement marchand suffisent à remplir les hôtels nîmois, qui ont affiché un taux d’occupation moyen de 90,5 % pendant la Feria.
Pas de pic d’activité pour un commerçant sur deux
Hors de l’hôtellerire-restauration, le commerce profite peu de la Feria. 47 % de l’ensemble des commerçants constate n’avoir ressenti aucun pic d’activité, et les commerces alimentaires et non alimentaires constatent en majorité une baisse de la fréquentation. Ils sont même 22 % à estimer qu’elle « n’apporte rien aux commerçants ». Dans le même temps, 36 % seulement des visiteurs non Gardois (47 % des visiteurs) affirment avoir pu découvrir l’offre commerciale du centre-ville grâce à la Feria. L’élue de la CCI en charge du commerce, Danièle Paoli, regrette la « distorsion entre le ressenti des consommateurs et la perception des commerçants. Traditionnement, ceux-ci n’ouvrent pas les jours où les gens viennent consommer de l’alcool et faire la fête. Ils se sont désintéressés de l’offre qu’ils pourraient proposer ce jour-là. » D’autant plus dommage, selon le président de la CCI, que « tout le monde ne va pas à la corrida ». Eric Giraudier préconise donc une ouverture des magasins « les dimanche et lundi matin ». Autre proposition de la CCI : « mettre en place des actions permettant de toucher directement le cœur de cible que représentent les visiteurs qui pasent plusieurs jours sur place, et qui présentent le meilleur potentiel d’achat ». Eric Giraudier s’interroge également sur la faible fréquentation de visiteurs étrangers. « Est-ce que c’est vendu à l’extérieur ? Comment c’est vendu ? Nous pouvons amener des éléments de réflexion. Mais la CCI, seule, ne peut rien faire ».