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Languedoc-Roussillon
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Conjoncture
| 2/12/2014

Femme chef d'entreprise en L.-R. : « opiniâtre », mais mal payée

Une dirigeante « sûre de sa résistance, de son opiniâtreté et consciente de ses potentialités », plutôt âgée de 35 à 54 ans, qui s’est lancée jeune dans l’aventure entrepreneuriale : telles sont quelques-unes des caractéristiques du portrait robot de la femme chef d’entreprise en Languedoc-Roussillon, tel qu’il apparaît dans une étude réalisée par l’Ifop, et dévoilée ce matin à Castelnau-le-Lez par le Medef L.-R., qui l’a commandée. Autres enseignements : elle travaille plus de 45 heures par semaine (62 %), gagne plutôt moins de 30 000 € par an (62 %), et dirige en majorité (89 %) une TPE de moins de 10 salariés. « Très présente sur les réseaux sociaux (internet), elle n’hésite pas à se former et à former ses salariés, résume l’étude. Au-delà de son activité, elle trouve le temps de s’investir dans le milieu professionnel et dans les associations non professionnelles ; enfin, elle ne craint pas d’impliquer ses salariés dans la gestion de son entreprise ». « Peinant parfois à s’extraire de ses responsabilités et de la profondeur de son implication, la dirigeante-type n’hésiterait pas à encourager ses enfants à devenir eux-mêmes entrepreneurs ».
« Plafond de verre »
L’étude ne dit rien en revanche, de la représentativité des femmes à la tête des entreprises régionales, et des différences hommes-femmes. « 27 % des entreprises régionales sont dirigées par des femmes », assure Coline Erlihman, déléguée régionale aux droits des femmes et à l’égalité, en se basant sur les chiffres de l’Insee. La comparaison avec une enquête similaire, publiée par le Medef en 2012, permet de mettre à jour quelques différences. Et la réalité du « plafond de verre ». 30 % des chefs d’entreprise régionaux interrogés à l’époque, hommes et femmes confondus, étaient arrivés à la tête de leur entreprise en la créant. Cette proportion passe à 63 % pour les chefs d’entreprise femmes interrogées en 2014. À l’inverse, monter dans la hiérarchie est un moyen d’accéder aux commandes pour 29 % des sondés de 2012, mais pour 5 % seulement des femmes interrogées aujourd’hui. Les femmes chefs d’entreprise travailleraient beaucoup, mais un peu moins que les hommes : elles sont 40 % à travailler 45 heures et moins, contre 20 % pour la moyenne générale en 2012. Autre différence notable : la rémunération. 62 % des femmes chefs d’entreprise gagnent moins de 30 000 € par an, contre 36 % pour l’ensemble des chefs d’entreprise régionaux en 2012. Pour le président du Medef L.-R., Laurent Boissonade, l’enquête permet de « rétablir certaines vérités et (de) sortir des caricatures pénalisantes pour l’entreprise : stock-options, parachutes dorés, rémunérations des dirigeants… » « On aura gagné quand il n’y aura plus besoin de ce type d’étude », commente quant à elle la vice-président de la Région en charge du développement économique et de l’ESS, Hélène Giral

* Étude réalisée par l’Ifop auprès d’un échantillon de 429 femmes chefs d’entreprise, et élaborée avec l’Université Montpellier 2, l’Isem et le cabinet Ideco.
Photo HF : Jean-Michel Vincent, secrétaire général du Medef L.-R., Michel Boissonade, président, et Coline Erlihman, déléguée régionale aux droits des femmes, lors de la présentation de l'étude à la Maison de l'hospitalisation privée à Castelnau-le-Lez.
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