Fédération des TP des P.-O. : nouvelle dégradation et pertes d’emploi
Selon le président de la fédération des travaux publics des P.-O., Jean-Pierre Vitu, l’activité du secteur accuse une nouvelle dégradation depuis le début 2015. Il appelle à la mobilisation des acteurs publics devant le peu de perspectives d’investissement pour la fin 2015 et 2016. « Le dernier trimestre 2015 sera crucial pour les entreprises des TP, si les collectivités ne réagissent pas », déclare-t-il à La Lettre M. Après un recul du CA de 7 à 8 % en 2014, le 1er semestre 2015 suit cette tendance. « Le montant des appels d’offres a baissé de plus de 22 % depuis un an. On ne ressent pas de frémissement. Les deux importants donneurs d’ordre, le Département et l’Agglo, sont en panne, commente-t-il, pointant les conséquences sur l’emploi : une baisse de 10 % des effectifs (150 emplois) sur 2 ans, et jusqu’à 50 % pour les intérimaires (200 ETP). »
Selon lui certaines petites entreprises se rapprochent du point de rupture, et les agences de groupes nationaux mettent en place des plans de chômage technique. Les entreprises quel que soit leur activité ont perdu un tiers de leur visibilité. « On voit augmenter les risques psycho-sociaux dans les entreprises et ce quelle que soit leur taille », ajoute-t-il.
Saluant l’appui de la préfète et de l’association des maires des P.-O., le président de la fédération des TP craint que la baisse des investissements ne se traduise par une dégradation des équipements et une baisse de la compétitivité du territoire. Des projets importants sont bloqués ou retardés comme les travaux de la RN 116, « alors que la fédération s’est mobilisée pour trouver des solutions pour continuer à équiper et à entretenir les territoires. Nous avons obtenu des pouvoirs publics une mesure d’avance sur le remboursement de la TVA. Une procédure simple gérée par la Caisse des Dépôts. Elle donne du souffle à la trésorerie de la collectivité. Seulement 22 % des collectivités envisagent de l’utiliser », déclare-t-il. Il redoute que « les collectivités profitent de la réforme territoriale pour retarder les investissements. »










