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| 1/09/2011

Extension du port de Port-la-Nouvelle : vers la tenue d’un débat public

La Région L.-R. a voté jeudi en séance plénière à Montpellier la saisine imminente de la commission nationale du débat public (CNDP) au sujet du projet de création d’un grand port, où doit notamment s’implanter une usine de transformation d’huile de palme.
Les travaux portent sur l’aménagement de 90 ha supplémentaires et le creusement du port (de 8,5 à 13,5 mètres de profondeur) pour donner « une nouvelle dimension à l’offre maritime du L.-R. », a indiqué Robert Navarro, premier vice-président de la Région L.-R. en charge des ports, à La Lettre M.
Au total, 400 M€ d’investissements sont attendus entre 2012 et 2015, dans le cadre d’un partenariat public/privé (140 M€ par la Région L.-R., 30 M€ par le conseil général de l’Aude, 30 M€ par la communauté d’agglomération de la Narbonnaise, 200 M€ par des industriels).
Il évoque un chantier « gigantesque, qui fera changer de dimension à Port-la-Nouvelle et créera des milliers d’emplois ». Le port sera étendu sur 10 ha, et 80 ha seront aménagés pour réceptionner les entreprises. Sur ces 80 ha, les opérateurs Sime Darby Plantation (huile de palme) et Wopack (stockade de liquides) devraient s’implanter sur 20 ha. « La signature d’une convention avec la Région L.-R. (propriétaire du port, NDLR), portant sur plusieurs dizaines d’années, aura lieu d’ici à la fin de l’année, probablement en octobre », a confié Robert Navarro. Les demandes de permis de construire devraient être déposés en janvier 2012, pour une livraison des travaux (port, plateforme, usine) en 2015.

Digue nord de trois km de long

« La future digue nord s’étirera sur trois km de long, 50 mètres de large et 45 mètres de haut, a déclaré Robert Navarro. Dans un premier temps, le port pourra accueillir huit bateaux de plus de 200 mètres, au lieu de deux aujourd’hui. A terme, 12 bateaux de plus de 200 mètres pourront être accueillis. Le développement économique de la région se joue autour des ports. C’est un projet structurant pour le territoire. Il y a un consensus, tout le monde joue le jeu : l’Etat, la CCIT de Narbonne/Port-la-Nouvelle (gestionnaire du port), les services de la Région L.-R. » Le sénateur héraultais affirme que ce projet se fera « en complémentarité avec Sète, pas en concurrence. »

L’huile de palme en provenance du Libéria

Le projet de site de transformation d’huile de palme change de contours. Après la Malaisie, évoquée au printemps, l’huile de palme proviendra du Libéria. « On est attentifs au respect des conventions européennes du commerce. L’huile de palme qui viendra à Port-la-Nouvelle sera à vocation alimentaire, pas pour des agrocarburants. » Même le groupe FN a voté le projet. France Jamet, chef du groupe à la Région L.-R., a ainsi déclaré : « Des firmes agroalimentaires comme Findus, Harry’s et Lu ont déjà limité leur utilisation de cette huile. Mais le produit reste économiquement intéressant et riche en propriétés. Nous votons donc ce dossier. » La conseillère régionale Laurence Magne (UMP) souhaite qu’un « Agrexco bis » soit évité. « La mise en place d’un partenariat public privé comprend des risques, on vient de le voir sur le port de Sète, où la défaillance d’Agrexco met en difficulté l’avancement des projets. A Port-la-Nouvelle, il faudra être vigilant sur l’audit de la structure financière du partenaire choisi. » Robert Navarro réplique : « Si les politiques ne prennent pas de risques, il n’y a pas de développement économique. »

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