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Hérault
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Tourisme - Loisirs
| 15/01/2016

Exclusif / Zoo de Saint-Thibéry : Damien Lerasle porte plainte contre ses anciens cadres et dénonce une cabale

Damien Lerasle (photo), jeune (23 ans) créateur en 2014 de l'ancien parc animalier axé sur les oiseaux et basé à Saint-Thibéry (Hérault), revient pour La Lettre M sur les conditions de la liquidation de ce parc, survenue en décembre dernier, 13 mois à peine après son ouverture. Il dénonce une « énorme cabale » orchestrée selon lui par certains de ses cadres, dont l’objectif aurait été de faire péricliter volontairement l’entreprise, en vue de la reprendre au détriment de Damien Lerasle. Ce dernier, résidant toujours dans le Biterrois, a déposé « une dizaine de plaintes » auprès de la gendarmerie et du procureur de la République de Béziers, « notamment pour sabotage, diffamation, harcèlement moral, vol de documents et de vidéos ». Ses avocats sont Me Thierry Herzog (droit pénal) et Me Romain Darrière (droit commercial et de la presse).
Damien Lerasle, qui s’est confié vendredi matin à Montpellier se dit « déboussolé », « combattant, car je veux une justice » et « triste pour les salariés (36, lorsque le parc a été en activité, NDLR), dont la plupart étaient des personnes militantes. » L’ex-zoo du Val d’Hérault, qui a accueilli 80 000 personnes en un an, accueillait une collection de 1 000 animaux rares, pris en charge par la Fondation 30 millions d’amis et aujourd’hui répartis dans différents parcs en France et en Europe.

Damien Lerasle, passionné d’oiseaux depuis son enfance, et dont le projet a reçu le soutien de fonds publics (la Région LR notamment), s’est expliqué à La Lettre M sur les accusations et rumeurs circulant à son encontre :
- La découverte d’animaux morts congelés. « En un an, il y a des décès dans un zoo. C’est ainsi dans tous les zoos. L’entreposage des cadavres dans des congélateurs est légal, obligatoire et réglementaire, à des fins de contrôle. Tous les animaux sont consignés dans des registres officiels. Il y a eu une perquisition de l’ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage) trois semaines avant la liquidation, pour vérifier que nous ne nous livrions pas à du trafic d’animal. La perquisition s’est bien passée. On accueillait à nos frais les animaux victimes de trafic, nous n’étions pas nous-mêmes des trafiquants ! »
- Des erreurs de recrutement et de gestion. « J’avais toute confiance en mon équipe de cadres. Il s’est avéré que certains d’entre eux sont venus avec un seul objectif : récupérer l’entreprise. Ils l’ont dit ouvertement à certains salariés. Ils ont monté une partie des salariés contre moi, ont cassé des contrats dans mon dos, ont évité que l’on soit trop présent dans la presse et les offices de tourisme, pour amener le zoo à la liquidation, et le reprendre à moindre frais ». 

Une chose est certaine : cette belle aventure entrepreneuriale a joué de malchance, dès le début. Deux inondations, conséquences de pluies diluviennes en juin et septembre 2014, et une tempête survenue fin novembre 2014, ont causé 800 000 euros de dégâts, et retardé à deux reprises la date d’ouverture. « On devait ouvrir en juillet 2014. Ca nous a fait rater la saison estivale. Toute la campagne de communication (150 K€) a été foutue en l’air. Les assurances ont pris en charge, mais en différé, et partiellement. Ces événements climatiques ont bouffé toute notre trésorerie. »
De plus, l’un des trois actionnaires, Yves Carcelle, ex-DG de Louis Vuitton, est décédé fin août 2014. « Ça n’a pas aidé. Ses enfants, encore pris par les affaires de succession, n’ont pas eu le temps de se consacrer au parc ».

Hubert Vialatte
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