Excès réglementaire, autoentreprise, travailleurs détachés : l’artisanat marque son ras-le-bol
Effigie de boulets pour symboliser le poids fiscal et réglementaire, pancartes vindicatives (« laissez nous créer des emplois », « la croissance et l’emploi, c’est nous, et c’est possible ! », « tous les indicateurs sont au rouge ») posées sur la table : Patrick Issaly, président de la Capeb L.-R. et de l’UPA par délégation, a inauguré vendredi matin à Montpellier une semaine de mobilisation des chefs d’entreprise de l’artisanat et du commerce de proximité « pour la croissance et l’emploi », du 1er au 10 décembre.
Les artisans enregistrent une baisse d’activité de 4 % lors du dernier semestre, et souffrent d’une « augmentation des défaillances d’entreprises. Six entreprises par heure au niveau national, soit 110 000 entreprises perdues en deux ans. Des entreprises qui existent depuis 15 ou 20 ans disparaissent ».
Revendications
Au rang des revendications :
- le poids croissant des autoentrepreneurs, qui ne sont pas assujettis aux mêmes charges. « Ils pèsent les deux tiers des inscriptions. On démolit l’artisanat traditionnel, on le remplace par un statut de précarité. Avec des conséquences lourdes : moindre entrée de charges, décélération de l’apprentissage. Il y aura des conséquences dans 10, 15, 20 ans. Les apprentis d’aujourd’hui sont de futurs chefs d’entreprise. »
- Les travailleurs détachés : « les lois y sont, pas les moyens. »
- Compte pénibilité : « on n’y comprend plus rien. Il faut tenir une fiche par salarié et un tableau annuel, en décortiquant dans la journée chaque poste : combien de fois et de temps un salarié se plie, porte... Imaginez un petit patron avec deux salariés : c’est ingérable ! Ca finira aux prud’hommes. On vient nous inventer une contrainte supplémentaire. »
- Complexité administrative : « Il y a 58 codes, 11 000 lois, 130 000 décrets, 400 000 normes, et un JO public qui fait 24 000 pages par an. On parle beaucoup de compétitivité dans les entreprises. Nous libérer de ces normes et ces coûts serait un bon début. Pour une heure travaillée, on passe entre 30 et 45 mn à traiter des formalités. »
Enjeux
Parmi les enjeux : les transitions énergétique et numérique. « Le numérique concerne aussi l’artisanat : vente par Internet pour l’alimentaire, appels d’offres à envoyer via le web pour impacter un territoire large, création de sites Internet pour les sociétés, échanges de flux d’informations. Ce sont là des enjeux technologiques majeurs pour relancer l’activité. »










