Éolien flottant en Méditerranée : l'État veut accélérer
Le Premier ministre a concrétisé le 14 mars à Port-La Nouvelle la volonté de l'État d'accélérer sur l'éolien flottant en Méditerranée. « Le développement est trop lent, alors que la France entend devenir le champion de l’éolien flottant », a lancé Jean Castex. Deux sites dédié à la production industrielle d’électricité ont été validés, l'un au large de Gruissan-Port-La Nouvelle et l'autre au large du golfe de Fos en région Sud-Paca. « Des appels d’offres vont être lancés pour la création de deux parcs de 250 MW chacun. Leur puissance sera ensuite portée à 750 MW. Les industriels qui construiront et exploiteront ces parcs seront sélectionnés courant 2023. » Un 3e site au large du Barcarès (66) pourrait suppléer à celui de Fos.
Développer l’industrie de l’éolien flottant dans les ports
Pour accueillir les activités industrielles liées à l’éolien flottant dans les ports, deux appels à manifestation d’intérêt (AMI) seront aussi lancés courant mars. « Un premier AMI concernera les ports en tant qu’infrastructure et maillon essentiel pour développer l’éolien flottant. Le second AMI concernera le monde industriel et portera sur la production d’équipement, la construction et l’assemblage des flotteurs, a indiqué le chef du gouvernement. Nous devons produire le plus possible en France les composants industriels de cette nouvelle technologie. » Celui-ci souhaite notamment que soit conservée l’avance technologique faite sur les flotteurs développée notamment au niveau des fermes pilotes d'éolien flottant au large de Gruissan (EolMed) et du Barcarès (EFGL), qui verront le jour en 2023-2024. Dans le cadre de France 2030, ce sont ainsi près de 300 M€ qui seront mobilisés pour soutenir et accélérer cette industrie porteuse d’emploi. L'État a prévu d'investir 32 M€ pour accompagner l'extension du port de Port-La Nouvelle (maître d'ouvrage : Région Occitanie) dans la transition énergétique. « À horizon 2027, le port de Port-La Nouvelle, qui est considéré comme le port de l'éolien flottant en mer, bénéficiera d'un foncier d'environ 30 ha pour industrialiser la fabrication et le montage des éoliennes. Cela représente six flotteurs dans un premier temps et jusqu'à une trentaine à terme », a indiqué à La Lettre M Jérôme Billerey, DG de Qair Premier Element, qui intervient dans le projet EolMed.
Un pacte pour l’éolien en mer
En outre, l’État et la filière de l’éolien en mer en France s’engagent collectivement pour un développement massif de l’éolien en mer et de l’industrie afférente par la signature d’un pacte éolien en mer signé aussi le 14 mars à Port-La Nouvelle par Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, présente pour l'occasion. L’État s’engage sur un volume d’attribution d’appels d’offres de 2 GW par an pour l’éolien en mer dès 2025 et 40 GW en 2050 (soit une cinquantaine de parcs). La filière s’engage « à quadrupler le nombre d’emplois d’ici à 2035, soit 20 000 emplois au total, et à ce que 50 % des composants industriels proviennent de France et d’Europe », a-t-il ajouté. Le pacte prévoit aussi 40 Md€ d’investissement par les acteurs du secteur dans les quinze prochaines années.
L’État entend faire en sorte que les énergies renouvelables soient la deuxième source de production d’énergie après le nucléaire, selon le chef du gouvernement, en précisant bien que l'État sera attentif à la protection de la biodiversité et des acteurs de la pêche. Actuellement, seulement sept parcs éoliens en mer en France sont contractualisés pour 3,5 GW. « C'est trop peu, a commenté Jean Castex. On doit changer d’échelle. » Pour tenir cet objectif: « Nous allons mettre en place des dispositifs pour réduire la durée des procédures. Un document stratégique de façades maritimes sera d’ailleurs publié dans les prochaines semaines. »











