
27 500 logements sociaux gardois, sur 34 000, devront faire l’objet d’une rénovation énergétique d’ici à 2020, selon Yves Nègre, responsable de l’unité Bâtiment durable à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) du Gard, qui s’exprimait mercredi 30 mars lors d’une Matinale de Nîmes-Métropole consacrée au logement social. « Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, l’objectif national est de rénover 800 000 logements sociaux d’ici à 2020 ». Dans le Gard, 2 250 logements sociaux sont classés E, F ou G (les moins bien isolés), 37 % sont en classe D, 46 % en classe C. L’agglomération de Nîmes-Métropole compte sur son territoire 17 000 logements sociaux (dont 15 750 à Nîmes), soit un taux de 16,5 % de logements sociaux. « Ce taux place Nîmes-Métropole au premier rang des agglomérations du L.-R., assure Emmanuel Licour, directeur de la planification territoriale à Nîmes-Métropole. L’objectif, c’est de le faire passer à 17,6 % en 2016. L’enjeu actuel, c’est de développer l’offre sur l’ensemble des communes périphériques ». L’Agglo veut construire 500 logements sociaux par an, dont 378 logements familiaux. Avec une montée en puissance des logements éco-certifiés : À Nîmes, 329 logements de ce type seront produits en 2011, contre 212 en 2010, et 31 en 2009. Nîmes planche également sur des futurs éco-quartiers. Selon Philippe Devers, directeur de la construction à l’Agglo de Nîmes, « nous travaillons actuellement à la mise aupoint avec les professionnels d’un référentiel pour les éco-quartiers, afin de créer une dynamique de territoire pour anticiper sur les évolutions à venir ».
Retour de bâton
S’exprimant au nom de la Fédération des promoteurs immobiliers, Alain Penchinat (Les Villégiales » a assuré que les promoteurs languedociens étaient « les numéros un en France. Nous avons tous déposés des permis BBC ». Il a toutefois regretté que « le développement durable ne rime pas souvent avec réglementation durable. Les règles devraient être plus stables ». Il a également déploré « la mesure la consommation d’énergie primaire sur une année, qui nous paraît aberrant », et entraîne un « retour de bâton par rapport à nos clients. Nous ne pouvons pas mettre de climatisation ». Il a toutefois appeler le public à investir dans le BBC. « Il représente aujourd’hui les trois quarts de notre production. Le Scellier est à 22 % en 2011, et 13 % pour logements non BBC. L’Etat reconnaît presque 10 % d’écart. Or, selon nos études, c’est plutôt 2 à 3 %. Investissez, ce taux va baisser rapidement ! »
Diagnostic énergétique : pas fiable
Un autre problème a été soulevé par l’un des orateurs, Frédéric Jamin, enseignant à l’IUT de Nîmes : le manque de fiabilité des diagnostics de performance énergétique (DPE), qui a mis en avant un article de Que Choisir relevant des écarts entre les professionnels sur l’évaluation d’une même habitation. « Je l’ai moi-même constaté, a-t-il témoigné. Lorsque j’ai vendu ma maison, le le diagnostiqueur s’est trompé. Il a écrit que j’avais du double vitrage alors que ce n’était pas le cas ». Un professionnel présent dans la salle a livré un autre témoignage : « une villa nîmoise avait été diagnostiquée à 464 kWhEP/m²/an. J’ai fait une étude thermique complète qui l’a fait tomber à 219. Le problème, c’est que le thermomètre est mauvais ! ». Réponse d’Yves Nègre (DDTM), qui admet que l’outil n’est « pas suffisamment fiable » : « une refonte du DPE est en cours. Elle devrait aboutir fin 1er semestre 2011 ».