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| 25/01/2024

Enedis Midi-Pyrénées Sud investit 850 M€ dans les énergies renouvelables

© Enedis

Enedis Midi-Pyrénées Sud, filiale d’EDF devenue entreprise à mission mi-2023, souhaite accélérer l’intégration des énergies renouvelables (EnR) sur son réseau et prévoit un investissement de 850 M€ afin de passer de 5,4 GW à 12,2 GW d’ici à 2032. Au 30 septembre dernier, l’Occitanie comptait près de 138 000 installations de production d’énergie renouvelable, solaire et éolienne. « Enedis a un ancrage territorial fort dans la région, avec 100 sites, 4 167 salariés et 4 millions de clients raccordés à un réseau de 182 000 km, détaille Laurent Méric, directeur des affaires régionales et de la transition écologique. Nous investissons chaque année plus de 480 M€ sur le réseau, dont 20 % pour la transition écologique. »

D'après l'entreprise, la demande d'intégration d'EnR sur le réseau représente l'équivalent de deux réacteurs nucléaires (+ 1,3 GW), qui seront ajoutés d'ici à 2032 au sein des vallées de la Garonne, de l'Aude et de l'Ariège.
L’autoconsommation – collective et individuelle – est aussi de plus en plus développée en Occitanie, selon le dirigeant. « C’est d’ailleurs la deuxième région de France en nombre d’opérations d’autoconsommation collective », précise-t-il. La Haute-Garonne se démarque en étant le département où la puissance photovoltaïque installée en consommation individuelle est la plus importante, avec 78 MW.

L’enjeu de la mobilité
Laurent Méric soulève un autre enjeu fort dans le territoire : la recharge de véhicules électriques. Au troisième trimestre 2023, la région comptait plus de 12 500 bornes accessibles au public pour 150 000 véhicules électriques et hybrides rechargeables. Elle ambitionne de dépasser le cap des 50 000 bornes d’ici à 2030. Autre priorité d’Enedis : la possibilité de recharger sa voiture depuis une résidence. « Près de 28 500 résidences ont un parking de plus de cinq places, donc sont susceptibles de faire une demande de borne de recharge », indique le dirigeant. En 2023, la filiale d’EDF a lancé une offre qui propose un raccordement aux résidences, en étendant le réseau public jusqu’au parking ou via l’opérateur privé Réseau électrique auto. « Plus de 700 sites sont actuellement équipés ; la croissance va être régulière jusqu’en 2027, et exponentielle au-delà », assure Laurent Méric.

300 embauches en 2024
Face aux défis liés à l’électrification croissante, Enedis anticipe le besoin massif de recrutement dans le secteur des réseaux électriques. « Nous prévoyons 300 embauches en Occitanie cette année », annonce Laurent Méric. L’entreprise a mis en place, avec d’autres partenaires, l’École des réseaux pour la transition énergétique. « Nous sommes en train de monter des filières de formation dédiées au réseau électrique en partenariat avec l’Éducation nationale », explique Bastien Toulemonde, directeur régional Midi-Pyrénées Sud. À la rentrée 2023, cinq lycées d’Occitanie ont signé une convention. « Cette année, nous ambitionnons qu’il y ait au moins un lycée par département et souhaitons prolonger la dynamique avec un BTS », complète le directeur régional Midi-Pyrénées Sud.

Aléas climatiques : un enjeu de résilience
Face au changement climatique et aux événements qui en découlent, Enedis doit adapter son réseau électrique afin de le rendre plus résilient. En 2022, la société a investi près de 80 M€ dans l’enfouissement de lignes HTA pour se prémunir des risques liés aux coups de vent, mais aussi dans la surélévation des postes contre le risque d’inondation et l’adaptation du schéma réseau. « Nous nous engageons à rétablir 90 % de nos clients en moins de 48 heures en cas d’événement climatique », assure Bastien Toulemonde. Mais lorsque la réparation du réseau est trop longue, Enedis doit mobiliser des groupes électrogènes. D’où la création, à l’automne 2023 à Canals (Tarn-et-Garonne), d’un site déporté de 2 500 m2 composé de 180 groupes électrogènes, première plateforme en Occitanie qui permet de couvrir tout le territoire en cinq heures maximum.
« Les risques auxquels nous sommes soumis, comme les cyberattaques ou les crises sanitaires, sont de plus en plus nombreux, affirme le dirigeant. Nous avons donc créé un réseau d’opérateurs d’infrastructures essentielles pour être plus résilients ensemble. » Parmi ces opérateurs : RTE, Enedis, GRDF, Veolia, Suez, Réseau31, Orange, SNCF Réseau et le directeur de cabinet de la préfecture. « Nous projetons d’accueillir l’aéroport Toulouse Blagnac », glisse Bastien Toulemonde.

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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