En croissance, les Toiles de la Montagne Noire internalisent leur production
La société tarnaise Les Toiles de la Montagne Noire internalise désormais l’ensemble de sa production. Nappes, serviettes, plaids et tabliers sont produits à Mazamet, non loin de la boutique historique. Auparavant, la fabrication était assurée par un façonnier à Labastide-Rouairoux (81), puis à Sainte-Colombe-sur-l’Hers (11), mais tous deux ont mis fin à leur activité. « C’est parce que nous avons des enfants que nous investissons. Nous voulons que l’entreprise perdure. C’est une chance d’être autonome et d’avoir un outil de production », confie à La Lettre M Jean-Claude Bordes, gérant. L’entreprise familiale, qui a dégagé environ 500 k€ de chiffre d’affaires en 2025, espère une progression de 20 % de son activité cette année.
« Nous n’avions pas le choix »
Jean-Claude Bordes et sa compagne Catherine Depinois ont fondé ensemble cette société en 2001. Aujourd’hui, à 71 ans, ils transmettent l’activité à la génération suivante. « Nous n’avions pas le choix : c’était soit internaliser, soit arrêter l’activité », explique le gérant. Ils emploient actuellement quatre personnes, dont le fils de la gérante, une nouvelle salariée embauchée il y a quelques mois et un salarié expérimenté qui a accepté de travailler deux jours par semaine malgré sa retraite déjà effective afin de transmettre son savoir-faire après une carrière dans ce secteur. Le savoir-faire, c’est bien le nerf de la guerre pour ces tisserands. D’autant qu’il en reste peu en France : à peine 2,5 % des vêtements et textiles vendus dans l’Hexagone aujourd’hui y sont fabriqués.
Au-delà du savoir-faire, il a fallu acquérir des outils de production. « Aujourd’hui, nous faisons tourner six métiers à tisser, dont certains automatiques et d’autres fonctionnant à l’ancienne, avec des fiches perforées », décrit le gérant. La société a également fait l’acquisition de machines complémentaires dont un ourdissoir qui mesure quinze mètres de long et sept mètres de large. La matière première est locale dès que possible ; la laine couleur naturelle provient notamment d’Ariège. « L’activité progresse, assure Jean-Claude Bordes. Nous avons doublé les commandes depuis un an. »











