Emploi : les CCI sous tension
La CCI Occitanie vient de confier au cabinet Altedia (Paris) la mise en place d’un dispositif d’accompagnement et d’aide au reclassement professionnel de ses collaborateurs licenciés – et ne pouvant pas prétendre au bénéfice d’une retraite. Divisé en deux lots, le marché – qui se chiffre à 400 k€ au total - concerne des collaborateurs basés dans trois départements. « Dans l’Hérault et le Gard, cela fait suite à la départementalisation des CCI (création de la CCI de l’Hérault par fusion des CCI de Montpellier, Sète et Béziers et de la CCI du Gard par fusion des CCI d’Alès et de Nîmes, NDLR), tandis qu’en Tarn-et-Garonne, la baisse des ressources fiscales a fragilisé les finances de la chambre. Dans tous les cas, la volonté du président Alain Di Crescenzo était d’accompagner les personnels, en coordination avec leurs représentants », affirme Christian Jouve, directeur général de la CCI Occitanie. Dans le détail, 37 postes ont été supprimés dans l’Hérault par des non-reconductions de CDD, des départs à la retraite non remplacés, des ruptures conventionnelles et des licenciements en dernier recours (au nombre de 8). « Dans le Gard, 52 postes ont été supprimés, dont 20 par licenciement et en Tarn-et-Garonne, 8 postes ont été supprimés – avec essentiellement des changements d’activité à la clé mais aussi un licenciement », complète Didier Berni, DRH de la CCI régionale. À ce jour, les CCI 30, 34 et 82 comptent respectivement 160, 118 et 32 collaborateurs, sur un total de 1 414 salariés en Occitanie (1 348 ETP).
Une cellule de reclassement interne mise en place
Mais d’autres coupes sont à prévoir. « La baisse de la ressource fiscale en 2018, qui est de – 18 %, se traduit d’ores et déjà par 25 postes supprimés dans l’Hérault et 18,5 dans le Gard », indique Didier Berni, précisant qu’il est encore trop tôt pour dire si des licenciements seront nécessaires. « C’est dans ce contexte que s’inscrit le marché passé avec Altedia, qui vient compléter le dispositif de cellule de reclassement interne déjà mis en place avec des responsables RH de la CCI Occitanie pour trouver en priorité des solutions de reclassement en interne », ajoutent Christian Jouve et Didier Berni, qui se disent inquiets pour la suite : « La mobilisation se poursuit pour tenter d’infléchir la décision du ministère de l’Économie qui pourrait se traduire par la suppression d’un tiers de nos effectifs d’ici quatre ans. C’est d’autant plus paradoxal que le gouvernement nous demande en parallèle de renforcer notre accompagnement aux entreprises et que celles qui ont le plus besoin de nous sont les TPE-PME qui portent l’emploi en France. »
Fin juillet, les CCI d'Occitanie ont lancé une action baptisée #PourquoiNousArreter, en réaction aux coupes budgétaires (- 400 M€ en 2022 au niveau national, soit une baisse de 50 % de la ressource fiscale des CCI par rapport à 2018) annoncées le 10 juillet par le ministère de l'Économie et des Finances. Outre « une large amputation à terme de l'accompagnement des TPE-PME et de la proximité territoriale », elles dénoncent environ 400 suppressions d'emploi en région. Un manifeste a notamment été mis en ligne sur www.occitanie.cci.fr afin de recueillir le maximum de signatures de la part du monde économique.
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