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Eau - Environnement
| 22/01/2019

DSP eau potable et assainissement : ce que dit le rapport de Nîmes Métropole

250 pages ! C’est le volume du rapport adressé par Yvan Lachaud, président de Nîmes Métropole, aux élus de l’agglomération afin de justifier le choix de Veolia eau en tant que futur délégataire en charge de la gestion de l’eau potable et de l’assainissement, pour le compte de la collectivité, sur une durée de huit ans (2020 – 2027). Ce document détaille les offres soumises par les trois candidats à cette délégation de service public (DSP) : Veolia eau, Suez eau France et Saur, l’actuel délégataire. Selon ce rapport, que La Lettre M s'est procuré, fruit d’une étude menée par le bureau Egis (78), Veolia eau a obtenu une note de 88,5 points sur 100, contre 84,2 points pour Saur et 79,3 points pour Suez eau France. Un classement qui suscite quelques critiques, notamment de la part de la Saur qui prévoit d'attaquer les résultats de l'appel d'offres. Analyse non exhaustive de quelques critères pouvant faire émerger des interrogations...
Tout d'abord un fait sur le plan économique : l’offre la plus intéressante est celle de Saur avec 1, 265 € HT/m3. Les offres de Suez eau France (1,285 € HT/m3) et de Veolia eau (1,29 € HT/m3) se classent respectivement deuxième et troisième sur ce plan.
Les charges de tuilage correspondent aux frais de transfert entre prestataires. Candidate à sa propre succession, Saur a estimé, selon ce rapport, ces charges à 219 k€. Un montant logiquement inférieur à celui évalué par ses concurrents Suez eau France (559 k€) et Veolia eau (679 €). Dans le rapport, cet écart financier semble pourtant avoir joué en faveur de Veolia. « Veolia eau propose une mise en œuvre d’actions de tuilage plus détaillée et mobilisant davantage de moyens financiers… »
Les besoins d’achat en eau brute sont estimés par Veolia eau à environ 6 M€, contre 8,7 M€ pour Suez et 9,4 M€ pour Saur. Un écart qui peut surprendre, les fournisseurs restant les mêmes pour les trois candidats : BRL, dont les tarifs sont fixés par une convention, et le syndicat de la Vaunage. Selon le rapport, Veolia privilégierait le recours à la production interne.
Le projet de méthanisation prévoit la construction d’une usine dédiée. Des travaux estimés par Suez à environ 19 M€, tandis que les recettes liées à la revente du biogaz sont évaluées par ce dernier à 7,7 M€ sur la durée du contrat. De son côté Veolia table sur un montant nécessaire à l’installation d’un site de production de biogaz d’environ 20 M€ et des recettes pour la revente du biogaz à 7 M€. Saur estime l’investissement pour l’usine à 15,7 M€ et les recettes de la revente à 8,1 M€. L’étude donne toutefois sa préférence à la proposition de Suez qui serait moins compétitive en termes d’investissements mais plus performante en termes de production et de fiabilité. Quant au projet de Saur, le rapport estime que les recettes sont estimées à 8,1 M€ du fait d’un planning d’injection optimisé, c’est à dire dès la mise en service partielle des ouvrages, avant donc la fin des travaux. Dans l’offre de la Saur, la livraison définitive est prévue en juillet 2022, et à l’automne 2021 pour Veolia.
Le rendement du réseau est l’un des principaux points de crispation qui avait suscité une polémique en mars 2018 lors de la diffusion d’un numéro de l’émission « Cash investigation » (France 2), consacré au gaspillage de l’eau. Nîmes et son prestataire, Saur, y étaient pointés du doigt pour leur mauvaise gestion. L’offre de Veolia porte sur un rendement de 82 % (soit 18 % de fuites), contre 80,8 % pour la Saur. Un écart qui serait dû à l’estimation du volume d’eau consacré à des usages non facturés (utilisation d’eau par les pompiers du Sdis par exemple), appelé « usage de service ». Saur l’estime à 400 k m3/an, tandis que Veolia table sur 700 km3/ an. Ainsi, la part d’eau considérée comme perdue (les fuites), qui est, ni facturée au client ni considérée comme usage de service, s’en trouve diminuée dans l’offre de Veolia. Conséquence directe, son rendement de réseau est meilleur que celui de la Saur.
Les élus devront voter en faveur ou non de ce choix mercredi 23 janvier, lors d'un conseil communautaire exceptionnel.

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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