DRH-syndicats : l’union sacrée face à la crise ?
« Syndicat, mon meilleur ennemi !, Patrons/DRH : comment améliorer le dialogue avec vos représentants du personnel ? » : c’est ce thème provocateur que l’ANDRH L.-R. (100 adhérents) va développer, le jeudi 17 avril (13h30-18h), à l’amphithéâtre D de la faculté de Droit de Montpellier*.
« En période de difficultés économiques, le dialogue entre employeur et représentants du personnel, syndiqués ou non, peut se tendre, entre plans sociaux, départs volontaires, ruptures conventionnelles de contrats..., concède Candy Chauvain, présidente de l’ANDRH L.-R. (photo). En période de négociation annuelle obligatoire, les enveloppes d’augmentation sont de plus en plus réduites. Du coup, on met en oeuvre des périphériques de rémunération : tickets restaurant, augmentation de la part patronale de prise en charge de la mutuelle, primes... »
Pour Olivier Sautel, avocat spécialisé dans le droit pénal de l’entreprise (maître de conférences à la Faculté de Droit de Montpellier, directeur du Master II Pratiques Juridiques et Judiciaires), « le dialogue social devient indispensable avec la crise. Il faudra aboutir à terme à un modèle social à l’allemande, où syndicats et directions, au lieu d’être dans une culture de l’opposition, sont associés dans les prises de décisions de l’entreprise. Ce principe de cogestion fait que les décisions sont prises plus lentement. Il nécessite beaucoup de dialogue et de réunions. Mais il va devenir indispensable. »
Outils juridiques
Il ajoute : « quand le dialogue est rompu, on glisse vers le droit pénal. Nous voulons montrer comment anticiper pour ne pas glisser vers le droit pénal – séquestration de patrons, harcèlement de salariés... Car une fois qu’on y est, c’est très difficile de retrouver une cohésion dans l’entreprise. »
Candy Chauvain évoque, comme exemple d’outil juridique efficace, l’alarme sociale dans les transports publics de voyageurs. « Cet outil a permis de faire diminuer le taux de grève, en rendant transparents les échanges et les différends. »
Un autre outil, la délégation de pouvoirs, est détaillé par Dominique Fromont, ancien DRH d’Areva, aujourd’hui au pôle de compétitivité Trimatec et au conseil des prud’hommes de Nîmes. « Cet outil permet de communiquer sur qui fait quoi. Ca responsabilise le manager. Il faut s’assurer, au niveau du process, que telle personne gère tel domaine. Malgré les fiches de postes, les choses ne sont pas toujours aussi claires. Dans les entreprises, souvent, les domaines de compétences et de responsabilités sont mal définis. Une fois que délégations de pouvoirs sont cadrées, les choses sont apaisées. Les gens ont conscience du périmètre de leur intervention. »
Pour Arnaud Blain, directeur d’exploitation de l’Apave (maîtrise des risques environnementaux, techniques et humains) L.-R. : « la quête effrénée de productivité entraîne parfois une perte de sens. Les managers doivent redonner du sens à tous les niveaux de la hiérarchie. »
* Inscription obligatoire auprès de nathalie.descours@sea-invest.fr, avant ce jeudi 10 avril.










