Dr Rubber veut démocratiser les pneus reconditionnés
La société haut-garonnaise de reconditionnement de pneumatiques Dr Rubber, qui a débuté son activité en début d’année, ambitionne de vendre « 8 000 pneus en 2026, contre 1 000 cette année », indique à La Lettre M son co-fondateur, Sergey Olkhovskiy. Expérimenté dans le commerce international, il s’est lancé dans ce nouveau projet avec sa compagne, Anastasia Olkhovskaia, en charge de la partie financière. Leur méthode ? Récupérer des pneus usagés auprès d’un collecteur agréé, les trier, les faire réparer puis les revendre, en ligne auprès de particuliers ou directement à des collectivités et des entreprises privées soucieuses de renouveler les pneus usagés en privilégiant le ré-emploi.
Concrètement, les pneus collectés sont soigneusement sélectionnés, pour ne garder que ceux dont l’usure ne dépasse pas 10 % et dont la spécificité est de ne présenter un défaut que sur le flanc. Ceux-ci sont ensuite envoyés à Malaga (Espagne), chez un partenaire pour y être rénovés grâce à la méthode de la vulcanisation à chaud, qui consiste à combler des coupures n’ayant pas atteint la structure métallique du pneu. Les pneus sont ensuite de retour en France pour y être livrés. L’agglomération d’Agen a par exemple conclu en octobre un contrat pour le remplacement progressif des pneus usagés des 200 unités de sa flotte de véhicules légers. Dr Rubber cible les particuliers, mais aussi les entreprises et collectivités soucieuses de rééquiper leurs véhicules dans une démarche écologique, en privilégiant l’économie circulaire. Les enseignes de pneus et pièces détachées peuvent également distribuer ces pneus reconditionnés.
Modèle économique
« Avec notre partenaire en Espagne, nous sommes capables de reconditionner un volume de 20 000 pneus chaque année. Mais notre ambition est de sécuriser les débouchés commerciaux, puis de passer à l’échelle supérieure et d’établir une unité de réparation dans le sud-ouest de la France », confie le co-fondateur. Cette unité de réparation pourra être dimensionnée en fonction des ambitions et perspectives au moment de sa construction, pour avoir une capacité de reconditionner entre 30 000 à 100 000 pneus par an.
Les deux entrepreneurs sont soutenus dans leur projet par le Réseau Entreprendre Occitanie-Haute-Garonne, qui lui a déjà octroyé un prêt de 40 k€, soit 25 % de l’investissement de départ. Ils sont également accompagnés par l’incubateur La Serre, à Agen. « Actuellement, notre enjeu est surtout de lever les freins psychologiques à l’achat de pneus reconditionnés ; les gens ne savent pas que cela existe, à chaque étape, nous devons expliquer, convaincre de la sécurité », relate Sergey Olkhovskiy. La prochaine étape sera celle de la recherche d’investisseurs. Une levée de fonds est envisagée pour 2026.











