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Hérault
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Commerce - Artisanat
| 20/01/2023

Distribution : la stratégie de la Métropole de Montpellier pour appâter les enseignes

La Métropole de Montpellier œuvre à un plan pour pousser les enseignes à s’implanter. Que ce soit dans le remodelage de l’offre foncière et de l’espace public ou dans le développement du commerce en pied d’immeuble, la collectivité s’est fixé pour objectif de gagner en attractivité.

Les responsables de la politique commerciale de la Ville et de la Métropole de Montpellier affinent une stratégie qui sera présentée au printemps. « Nous sommes dans une logique d’ajustement. Il y a 1 060 boutiques en centre-ville et un taux de vacance de 6,8 %, en baisse de 0,4 % en un an », indique à La Lettre M Laurent Guisez, référent développement commerce et prospective à la Serm-SA3M, nommé à l'automne. À la mi-décembre, le nouveau “Monsieur Commerce” de la Métropole a été convié au congrès national de Procos à Paris. À l'occasion de cette grand-messe du syndicat national des enseignes spécialisées, il a échangé sur des opportunités de marché avec un panel de près de 260 distributeurs.

Offre foncière mutualisée

Le nouveau chargé de développement commercial de la Métropole entend proposer aux enseignes une offre foncière mutualisant plusieurs espaces d’une centaine de mètres carrés autour « du centre-ville, d’Odysseum et du Polygone ». Un modèle qui a fait ses preuves, selon lui. « Des distributeurs ont déjà montré qu’il s’agissait d’un tiercé gagnant. Cela permet d’élargir leur gamme et de mutualiser les stocks tout en générant du chiffre d’affaires. » Et de citer les implantions sur plusieurs points de vente montpelliérains déjà réalisés par les enseignes André, Jeff de Bruges, Mango ou encore Yves Rocher. La SA3M a aussi entamé des discussions avec Casa, HemaMarionnaudNorautoHolder ou encore Animalis pour un déploiement sur un modèle plus sobre en consommation foncière. Tout en restant prudent : « Les accords ne valent pas signatures et les signatures ne valent pas ouvertures. Les grandes enseignes qui ne juraient par le passé que par les grands complexes revoient leur modèle et déploient désormais des modèles d’hyper proximité dans l’alimentaire, la beauté ou la maison. » C’est le cas notamment de Monoprix. Présent lors de la huitième édition de l'événement Visio Commerce, rassemblant une cinquantaine de distributeurs et de commercialisateurs, Ludovic Allamel, le responsable recrutement et franchise de l’enseigne Monoprix souhaite ouvrir « au moins trois points de vente supplémentaires à Montpellier ». Avec ces implantations, dont le calendrier reste à définir, l’ambition de la filiale du groupe Casino est de déployer deux concepts en centre-ville, sous franchise. Soit le réseau de proximité Monop’ et Monoprix Maison, dédié à l’équipement de la maison et à la décoration.

Une « rotule à aménager »

Autre chantier important pour la Métropole : la réhabilitation des zones commerciales attenantes à la place de la Comédie. À commencer par le Triangle, dont une part des cellules se trouve laissée à l’abandon. « La vacance concerne les points morts du centre commercial. La partie supérieure, où le lieu de passage est conséquent, est quant à elle occupée par des enseignes », tempère Laurent Guisez. « Le chantier reste corrélé aux travaux de remodelage de la place de la Comédie et de l’Esplanade, précise Alban Zanchiello, adjoint au maire de Montpellier délégué au commerce. L’avenir du Triangle se joue en même temps. Les accès vers Antigone vont être démultipliés, ce qui va jouer sur les flux et l’attractivité. »
Le périmètre Triangle, au même titre que l’ancien Quick, constitue selon Laurent Guisez « une rotule entre le centre commercial Polygone et le centre-ville ancien. L’espace public doit être rendu plus beau. De manière à nous adresser à une zone de chalandise allant d’Avignon à Narbonne. » La Métropole n’entend toutefois pas céder à la précipitation quant à la future enseigne qui élira domicile à l’emplacement de l’ancien Quick de la place de la Comédie. Une réflexion est aussi en cours sur l’animation du quartier Port Marianne au travers de l’avenue Raymond Dugrand. « Il y a un vrai travail pour développer le commerce en pied d'immeuble. Cela va prendre du temps. Il reste encore dix ans pour que la totalité du nouveau quartier soit livrée », indique Alban Zanchiello, qui évoque des ambitions de l’enseigne Grand Frais sur le périmètre. La collectivité travaille avec les cabinets Lestoux & Associés, Bérénice et AID Observatoire pour identifier la typologie de commerces de proximité à implanter dans ce quartier situé à mi-chemin entre le centre-ville et la mer.

 

Mickaël Deneux / deneux@lalettrem.net
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