Distillation, rééchelonnement des PGE... : encore un effort, demande la profession viticole
Face à une filière viticole en proie à des difficultés structurelles et conjoncturelles, l’État annonce, le 6 février, une campagne de distillation dès cet été, financée à hauteur de 80 M€ au niveau national. Une deuxième campagne est prévue à l’automne, également de 80 M€. « C’est une avancée, mais les comptes n’y sont pas encore », commente auprès de La Lettre M Alexandre They, président de la fédération audoise des Vignerons indépendants. L’enveloppe doit être au minimum de 200 M€ ». Même réaction du côté du président des Vignerons coopérateurs d’Occitanie qui, s’il salue l’écoute du ministère, estime qu’« il est urgent d’indiquer un prix plancher pour cette distillation afin stabiliser le marché et éviter qu’il ne dévisse ».
Ludovic Roux avance « un minimum de 65 €/hl pour des vins IGP. Nous serons très vigilants car on observe déjà des prix indécents sur le marché. Comme à chaque fois en temps de crise, il y a un mécanisme d’affolement d’un côté et des profiteurs de l’autre ». Également interrogé par La Lettre M, l’Héraultais Jérôme Despey, président du conseil spécialisé des vins de FranceAgriMer, salue « ce premier pas » mais insiste lui-aussi pour « que le ministre aille chercher auprès des budgets de crise de l'Union européenne les 40 M€ qui permettront d'atteindre une enveloppe de 200 M€ pour cette distillation de crise. Cela permettra de distiller entre 2,5 et 3 Mhl de vin, dont la moitié en provenance du Languedoc », indique-t-il.
Stockage privé en suspens
Une autre mesure, qui valide le principe de rééchelonnement des PGE, est saluée unanimement : « Notre proposition est de passer la durée maximale d’amortissement de 6 à 10 ans, rappelle Alexandre They. Il faut que ce soit rapide et simple. » Reste par contre en suspens la demande d’aide au stockage privé : « Il n’y a pas de refus mais une absence à ce jour de ligne réglementaire à mettre en face. Cela reste à l’étude », rapporte Alexandre They. Lors de l’assemblée générale des producteurs de l’IGP Pays d’Oc du 27 janvier, Jérôme Despey indiquait que la profession viticole avait besoin de près de 60 M€ pour stocker environ 6,5 Mhl, « une mesure importante qui entre aussi dans le champ de la stratégie à mettre en place face aux aléas climatiques ». Des compléments et des précisions à l'ensemble de ces annonces sont attendues à l'occasion du salon de l'agriculture qui a lieu du 25 février au 5 mars à Paris.










