Développement économique : ce que propose le FN pour la grande région
Mise en place d’une guichet unique, priorité donnée au développement économique, doublement de l'aide à la création d'entreprises : en quête de respectabilité, le Front national présente, en matière de développement économique, un programme qui ressemble fort à celui des partis classiques. Interview de Louis Aliot, tête de liste en LRMP.
À combien voulez-vous porter le niveau d’investissement annuel de la nouvelle région ?
Il faudra d’abord savoir de combien sera le budget nécessairement modifié par les nouvelles répartitions de la fusion des Régions. La prudence veut que la première année les efforts d’investissements soient au minimum équivalents à ceux de l’année précédente et que les engagements pris dans les deux régions soient tenus par la nouvelle majorité. Toutes les économies réalisées devront être fléchées vers les investissements prioritaires.
Quel budget allez-vous consacrer au développement économique, avec quelles priorités ?
La fusion va accaparer toutes les énergies de cette première année de mandature. Donner un chiffre serait mentir en l’état actuel des informations disponibles sur le coût de la fusion. Au minimum, nous reconduirons les dépenses actuelles en matière de développement économique. Pour l’instant les régions MP et LR consacrent 100 M€ chacune, soit 9 % de leur budget. Ce qui n’est pas énorme. Toutes les économies que nous réaliserons seront réorientées vers l’emploi, l’apprentissage, la formation professionnelle et les entreprises. Nous respecterons les engagements passés et nous mettrons l’entreprise au cœur de la politique régionale au profit d’un rééquilibrage territorial.
En matière de développement économique : simplification, transparence et meilleure lisibilité opérationnelle de la nouvelle politique régionale. Agence de développement unique tournée vers les TPE/PME/PMI sur l’ensemble du territoire. Doubler l’aide à la création, la pérennisation et la transmission ou reprises des entreprises ; élargir le périmètre fixé par les appels à projets annuels du Fisac et les régionaliser ; doubler l’investissement en commerces multi-services en zone rurale ; aider l’investissement concernant la mise aux normes ; favoriser le commerce non sédentaire et lancer un plan Marshall pour la ruralité (agriculture, services publics, transports, infrastructures de transport, santé, aides aux seniors, logements et transition énergétique).
Quelle sera votre mesure phare en faveur des entreprises ?
La mise en place d’un guichet unique destiné à mieux informer, simplifier et coordonner l’ensemble des aides aux entreprises, commerces et artisans. Cette agence régionale regroupera tous les dispositifs existants en utilisant la fusion de ceux-ci au bénéfice de la professionnalisation, de la simplification, d’un gain de temps très apprécié des chefs d’entreprise. La 1ère vice-présidence sera octroyée au développement économique pour bien marquer notre priorité.
Faut-il harmoniser les dispositifs de soutien à l’économie des deux régions actuelles, et à quelle échéance ?
Cette harmonisation devra être opérationnelle dès la première année, et sa mise en place dans les six mois de la nouvelle mandature.
La future région doit-elle financer et gérer en direct des parcs régionaux d’activités économiques ?
La région doit s’ouvrir aux entreprises et aux chambres consulaires. Elle doit favoriser l’efficacité de ceux-ci, financer et coordonner ceux-ci sous l’expertise des acteurs économiques. Pour l’instant les PRAE sont un relatif échec (créations d’emploi modestes) avec un coût exorbitant. Il faut repenser l’architecture générale à l’échelle de la nouvelle région.
Faut-il harmoniser les contrats de plan des deux régions, et à quelle échéance ?
Il faudra attendre la fin de ceux-ci et d’ores et commencer à bâtir le partenariat de demain avec le futur Contrat de plan Etat-Région fusionné, adapté aux nouvelles compétences et financements.
Faut-il garder la marque Sud de France et l’étendre à la grande région ?
Oui, il faut garder cette marque et l’étendre à la grande région tout en veillant à être rigoureux sur la dépense publique dans ce domaine.










