Devant les acteurs du Bâtiment, Jacques Domergue et Philippe Saurel multiplient les appels du pied

Devant 400 acteurs du bâtiment, réunis lundi soir au Corum de Montpellier à l’occasion du débat « Bâtiment : quels emplois pour demain » organisé par la FFB de l’Hérault, les candidats aux municipales Jacques Domergue (UMP) et Philippe Saurel (DVG), au coude à coude dans le dernier sondage paru ce jour (22 %/21 %) ont multiplié les appels du pied, tentant d’isoler Jean-Pierre Moure (PS), président de Montpellier Agglomération et grand favori des sondages (29 % au 1er tour).
Chacun des trois candidats avait amené ses supporters, prompts à applaudir chacune de leurs interventions portant sur les offres anormalement basses, la lutte contre les filières étrangères low-cost ou les projets d’investissement dans le bâtiment pour le mandat à venir.
Sur les moyens de lutter contre le travail illégal, Philippe Saurel a déclaré : « La législation ne nous donne pas possibilité de privilégier entreprises locales. Mais il y a manière d’imprégner cette méthode, à travers l’allotissement. Je partage le point de vue de Jacques Domergue sur ce thème. »
Didier Migaud, l'idole de Saurel
Concernant le programme local de l’habitat de Montpellier Agglomération (2013-2018), après que Philippe Saurel s’est exprimé « je ne l’ai pas voté », Jacques Domergue a enchaîné « moi aussi ». Autre exemple : les deux candidats se sont appropriés tour à tour la formule de Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes : « faire mieux avec moins », Domergue rappelant sa promesse de baisser les impôts de 10 % en cinq ans, Saurel annonçant une stabilisation de la fiscalité. « Didier Migaud est mon idole, a-t-il déclaré. A l’instar des grandes entreprises, les collectivités doivent avoir une cellule de commissaires aux comptes. En période de crise, il me paraît normal, logique, honnête, de rendre compte à la population de l’utilisation de l’argent de ses impôts. »
Jean-Pierre Moure a promis, en matière de fiscalité, de « revisiter la nature des appartements : à surface égale, les propriétaires de certains appartements dans un quartier populaire paient une taxe foncière plus chère que le propriétaire d’un hôtel particulier dans un quartier huppé. C’est un problème national. La commission communale doit préparer l’équité. »
40 % de logements sociaux
Toujours sur le PLH, Jacques Domergue a critiqué Jean-Pierre Moure sur le niveau élevé de logements sociaux (40 % de la production totale). Philippe Saurel a enchaîné : « 40 % de logements sociaux, Monsieur Moure, il faudra que vous m’expliquiez comment vous faites. » Jean-Pierre Moure a précisé que ce pourcentage inclue les personnes isolées et les logements étudiants.
A l’offensive - et contraint de l’être, du fait d’un retard conséquent dans les sondages -, le candidat UMP a déclaré : « la création d’emplois passe aussi et surtout par le bâtiment. A Montpellier, c’est vrai, on voit des grues partout. Mais ce n’est pas parce qu’il y a des grues partout que les entreprises ont du travail. ACM, par exemple, a attribué trois marchés de gros œuvre à une entreprise espagnole, pour la construction de deux résidences à Ovalie et d’une autre aux Grisettes. »
Renouvellement urbain
En matière de projets d’investissement, Philippe Saurel a insisté sur le renouvellement urbain. « Les grands équipements seront repoussés. Il s’agit de réparer la ville, de la reconstruire sur elle-même. » Le candidat DVG a également appelé à « rediscuter la gouvernance des sociétés d’économie mixte (Serm et Saam) ». « Les prix du foncier sont trop chers. La Serm fait de la rétention de terrains », a martelé Jacques Domergue.
Comme indiqué dans La Lettre M de ce mardi (p.2), Xavier Bringer, président de la FPI L.-R., a prôné l’émergence de logements intermédiaires non aidés. « Le coût de revient de nos résidences est trop cher. Il faut pouvoir réaliser un nouveau modèle de logements à coûts abordables (en supprimant les parkings souterrains, par exemple, NDLR). Le logement social est bien sûr nécessaire, mais en supprimant les péréquations (contribution de la part du secteur libre pour financer les logements intermédiaires et primo-accédants aidés, NDLR), qui grèvent le prix du logement libre. »
Dans ce débat, Xavier Bringer, seul intervenant non politique, a été le seul à citer Georges Frêche, maire de Montpellier de 1977 à 2004, évoquant un « illustre maire bâtisseur ».
Photo : en partant de la gauche, Philippe Saurel, Jacques Domergue et Jean-Pierre Moure, aux côtés des animateurs.










