Desserte de l'aéroport : sous le feu des critiques, Tisséo défend sa navette expresse
Opération déminage pour Tisséo, le gestionnaire des transports en commun toulousains, après la sortie récente de la CCI de Toulouse, du Medef, de la CPME, de la CMA et de l’Union des entreprises de proximité, qui estimaient en fin d’année dernière que l’absence de desserte de l’aéroport Toulouse-Blagnac par la future 3e ligne de métro serait un « rendez-vous manqué ». Francis Grass, président de Tisséo Ingénierie, assure que « le dialogue se poursuit » avec les représentants du monde économique. Il précise par ailleurs que les acteurs de la zone aéroportuaire, « notamment Airbus et ATR », sont « favorables » à l’option d’une navette expresse connectée à la 3e ligne. Un scénario choisi par la collectivité. « Nous avons étudié plusieurs hypothèses, et celle d’une Ligne aéroport express, qui représenterait un coût d’infrastructures de 45 à 50 M€, nous semble être la meilleure », rappelle Jean-Michel Lattes, président de Tisséo. Un trajet de 6 minutes, avec 3 stations et une rame toutes les 5 minutes.
« Afin de minimiser la rupture de charge, la navette sera positionnée juste au-dessus de la station de métro Jean Maga, avec un échange quai-à-quai », ajoute Jean-Michel Lattes, en précisant que ce choix représente « un écart de 300 à 500 M€ en valeur actualisée nette (indicateur financier utilisé pour apprécier la rentabilité d'un investissement, NDLR) par rapport aux scénarios alternatifs ». Francis Grass estime que l’option choisie « permet de desservir un très important bassin d’emplois » et offre par ailleurs « des perspectives d’avenir » à la zone, notamment dans le cadre du futur développement de l’aéroport vers le nord. La création de la Ligne aéroport express devrait permettre selon Tisséo de « tripler le trafic actuel » en direction de l’aéroport, en le portant à 6.000 voyageurs utilisant chaque jour les transports en commun. La navette utilisera les infrastructures actuelles et prendra la forme d’un tramway express, probablement automatique. Elle devrait être opérationnelle en 2024-2025. L’aéroport Toulouse-Blagnac pourrait participer financièrement à l’aménagement de la station située dans son enceinte. Par ailleurs, « des financeurs potentiels se sont déjà déclarés spontanément », indique Francis Grass. La CCI de Toulouse et ses partenaires plébiscitent de leur côté une liaison métro directe, sans rupture de charge. La zone aéroportuaire toulousaine regroupe environ 71.000 emplois.










