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Hérault
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Eau - Environnement / Industrie
| 3/05/2016

Désaccords sur la dépollution de l'ex-raffinerie Mobil à Frontignan

Pierre Bouldoire, le maire de Frontignan, ne décolère pas depuis le 29 avril. Le Comité départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques a rendu ce jour-là, contre la recommandation de la commune de Frontignan-La Peyrade selon lui, un avis consultatif favorable sur le projet d’arrêté préfectoral portant sur la réhabilitation complémentaire des terrains de l’ancienne raffinerie de Frontignan, propriété jusqu’en 1992 d’Exxon Mobil (groupe Esso depuis 2000). Selon la porte-parole de l’élu frontignanais, « le plan de dépollution proposé ne traiterait que 60 % du site. Or la Ville, dans un souci de santé publique, demande 100 % de dépollution, sachant qu’il reste plus de 4.000 tonnes d’hydrocarbures dans les sols, sans parler des COV et autres métaux lourds présents. » Côté Préfecture, c'est un peu « étonné » que Philippe Nucho, secrétaire général adjoint de la préfecture de l'Hérault, entend cette contestation. « Ce projet d'arrêt préfectoral est la fin d'une longue procédure entamée en 2013 et qui a conduit à des échanges importants entre l'industriel, la Mairie, la Dreal et la Préfecture. Le maire de Frontignan s'est lui-même félicité à plusieurs reprises du travail de la Dreal. »

3 ans de dépollution

Contacté par la Lettre M, Olivier Rougé, responsable de la gestion des friches industrielles chez Esso SAF indique que « ces 60 % des 11 ha représentent les endroits où la concentration d’hydrocarbures est la plus forte. Là où la concentration est la plus faible, il n’est pas nécessaire ni prévu de retirer la terre. Retirer 11 ha de terre n’est pas réaliste en termes de coût financier mais aussi environnemental. » « On traite bien 100 % de l'espace », confirme Philippe Nucho. Concrètement, près de 100.000 m3 (180.000 tonnes) de terre vont être traités. Au niveau du coût de l’opération, Esso SAF estime que le budget devrait être compris entre 20 et 30 M€. Les travaux pourraient démarrer début 2018, pour 3 ans.

Destination du site

« La réglementation exige de nous de restituer le terrain dans un état compatible avec un usage industriel, c’est notre objectif », insiste Olivier Rougé. « Il faut une dépollution proportionnée à la destination future du site. C'est le cas », confirme Philippe Nucho. Dès que l’arrêté préfectoral aura été signé par le préfet –la signature devrait intervenir dans les prochaines semaines- « nous pourrons consulté les entreprises pour la préparation des travaux, poursuit Olivier Rougé. Nous travaillerons aussi avec la Mairie qui doit libérer le site de sa cuisine centrale. » Racheté par la collectivité en 1992, le site non dépollué de l’ancienne raffinerie de Frontignan entraînerait selon le Maire de Frontignan des coûts directs et un manque à gagner, liés à l’impossibilité de louer les terrains contaminés, d'un montant de 108 M€. Une fois l'arrêté préfectoral publié, le maire de Frontignan aura la possibilité de faire un recours, non suspensif. « Dans l'intérêt de la commune, il est souhaitable de démarrer la dépollution pour engager ensuite des projets », estime le secrétaire général adjoint de la préfecture de l'Hérault. « Nous ne pouvons aller au delà au niveau juridique car nous nous exposerions à un contentieux et à l'annulation de l'arrêté ».

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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