Des plages privées menacées de fermeture administrative pour nuisance sonore
Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault, tape du poing sur la table le 17 juillet et enjoint les exploitants des plages privées du littoral à respecter le niveau sonore autorisé. Le représentant de l’État rapporte qu’un contrôle effectué le 14 juin fait état « sur certains lots d’un niveau sonore atteignant jusqu’à 97 dB alors que la limite légale est fixée à 80 dB jusqu'à minuit et 75 dB jusqu’à la fermeture de l’établissement à 2h du matin. Si les exploitants concernés (6 sur les 70 plages aménagées au total, NDLR) ne se mettent pas en conformité avec leurs obligations contractuelles, ils encourent le risque d’une fermeture administrative ou d’une résiliation immédiate de la convention d’exploitation », affirme le préfet, tout en indiquant « espérer ne pas en arriver là ». Sur les 13 communes accueillant ces plages aménagées, deux sont tout particulièrement visées : La Grande Motte et Mauguio-Carnon, « soit 7 à 8 km de plage sur les 90 que compte le département », note le préfet. Les exploitants des plages privées occupent, par voie de convention d'exploitation signée avec la mairie, le domaine public maritime, propriété de l’État. « Nous avions misé sur l’esprit de responsabilité des exploitants et des maires pour parvenir à un accord, explique Pierre Pouëssel. Mais les années passant, nous avons constaté des dérives devenues majeures et systématiques d’un système « artisanal » dans l’esprit du sud à un système industriel de boîte de nuit en plein air. »
Balayant l’argument avancé par certains exploitants sur la nécessité de trouver un équilibre financier en organisant des soirées, le préfet dénonce un « toujours plus de bruit pour toujours plus d’argent. » Et de conclure: « On peut faire la fête en écoutant le bruit des vagues ». Aura-t-il été entendu? Toujours est-il que, à titre d'exemple, la plage privée La Voile Bleue indique désormais sur sa page Facebook que son restaurant et son bar sont ouverts, le tout dans « une ambiance musicale limitée à 80 dB ».
Selon une enquête de la CCI de l'Hérault réalisée en 2015, l'activité des plages privées dans l'Hérault représente un chiffre d'affaires de près de 19 M€. Ce jeudi, le secrétaire général de la préfecture reçoit les exploitants des plages privées.
Chaque année, l'État mène des campagnes de contrôles sur un tiers des lots de plage, soit une trentaine. Ces établissements sont contrôlés par les services de la DDTM. Des contrôles coordonnés avec la gendarmerie/police ou la Direction départementale de la protection des populations sont également menés en parallèle. Les infractions les plus courantes sont le non-respect des surfaces autorisées ou le non-respect de la bande de libre passage des piétons le long du rivage. En 2018, sur 37 établissements contrôlés, 4 procès verbaux ont été dressés.
À lire, l'enquête publiée par La Lettre M le 9 juillet sur l'activité économique des plages privées : Plages privées : une activité minutée et soumise à conditions.










