Des missions en liaison avec le climat en 2015
Fort de quelques succès à grande audience en 2014, le centre national d’études spatiales (CNES) va placer en 2015 le climat au centre de sa politique spatiale et notamment des missions liées à l’observation. C’est en tout cas la feuille de route qu’a tracé le président du Cnes, Jean-Yves Le Gall pour démarrer cette année.
« L’année 2014 a été marquée en Europe et plus particulièrement en France par une sensibilisation à l’apport de l’espace, qui va se poursuivre en 2015 », attaque d’emblée Jean-Yves Le Gall. Et de rappeler le tout récent succès historique de la mission Rosetta avec en point d’orgue l’atterrissage réussie de Philae, pour lequel le Cnes est intervenu avec le Sonc. Mais aussi, la décision de développer Ariane 6, qui a été prise à la conférence ministérielle du Luxembourg en décembre dernier.
La conférence COP 21 en toile de fond
Le président a donc rappelé que le Cnes, tout au long de l’année 2015, va placer le climat au centre de sa politique spatiale, notamment avec la préparation de la conférence COP 21 (21ème conférence des parties de la convention cadre des nations unis sur les changements climatiques), qui doit se tenir à Paris au mois de décembre prochain. Hasard du calendrier, des missions et non des moindres en particulier dans l’observation, rythmeront l’année 2015.
Jason, Merlin et les autres
Cette année avec Jason 3, dont le satellite est construit par Thalès Alenia Space, la nouvelle mission altimétrique permettra de continuer à suivre le niveau moyen des mers, qui sensiblement augmente chaque année depuis qu’a été instauré cette mesure. C’était en 1992 avec Topex-Poséidon. A l’origine, ce programme est le fruit d’un partenariat entre le Cnes et la Nasa. Il est aujourd’hui mené par les agences Eumetsat et Noaa. La mesure des variations du niveau de la mer dans l’espace et le temps permet de cartographier les grands courants marins et de mieux comprendre leur rôle dans l’évolution du climat. Un autre programme mobilise également l’Europe en faveur de l’environnement et de la gestion des risques. C’est Copernicus (ex-GMES) et ses six missions Sentinelles, dont Sentinelle 2A (observation optique moyenne résolution des terres émergées) et Sentinelle 3A (observation des océans et surfaces terrestres) seront lancées en 2015.
Le Cnes et l’agence spatiale allemande coopèrent également sur une mission dédiée à l’étude du climat. Le projet Merlin (Methane Remote Sensing Lidar Mission), dont il est question, vise à mesurer la quantité de méthane présente dans l’atmosphère et ses variations spatiales et temporelles. Le Cnes vient en fin d’année dernière de retenir Airbus Defence and Space dans le développement du satellite de mesures du méthane Merlin.
Swot, un projet de 78 M€
La mission franco-américaine Swot, dont la filiale du Cnes, la société toulousaine CLS est partenaire, est un projet de satellite chargé de mesurer le niveau des eaux de surfaces, le débit des rivières et de déterminer le niveau des océans. La plateforme du satellite sera conçue par Thales Alenia Space sur son site cannois. Le développement et l’intégration du satellite seront financés dans le cadre d’un programme d’investissement d’avenir à hauteur de 78 M€. Selon le Cnes, le contrat prévoit l’implication de nombreuses PME et ETI françaises. Le lancement de Swot est prévu en 2020.
Un budget à 2,12 Md€
En 2015, le Cnes disposera d’un budget de 2,12 Md€, ce qui correspond environ à 30 € par habitant et par an et place la France au 2ème rang dans le monde derrière les Etats-Unis, pour le budget qu’elle consacre à l’espace civil. « Compte tenu de la forte contrainte qui pèse sur les finances publiques », le président du Cnes, s’est félicité « d’être doté de moyens qui permettent au Cnes de faire face aux défis à relever les prochaines années et de poursuivre les missions en cours ». Et de rappeler que « environ 80% du budget du Cnes va directement vers l’industrie française ».
Anne-marie Véziat
Encadré
Effectif du Cnes : 2450 personnes
Centre spatial de Toulouse : 1730
Siège social Paris : 190
Direction des lanceurs Paris : 230
Centre spatial guyanais : 300










