Démographie, mobilité, clarification : les élus pointent les enjeux d’avenir

Croissance démographique, solutions de mobilité, nécessaire clarification des compétences… Les élus locaux héraultais ont identifié les principaux enjeux de développement économique, lors de la rencontre « Métropole en réseau »*, sous l'égide du conseil régional, ce vendredi 29 mars à l’espace Capdeville à Montpellier.
Le président de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, a ciblé trois priorités :
- la croissance démographique : « Chaque année, la région accueille 30 000 nouveaux habitants. Ce qui a de lourdes conséquences en matière de foncier, d’emploi, de construction de logements, d’apprentissage et de formation professionnelle. »
- la mobilité. « La mobilité, c’est l’Internet pour tous, la généralisation du TER à un euro et la construction, à terme, de la LGV entre Nîmes et Perpignan. « Le contournement de Nîmes et Montpellier (prévu pour 2017) ne se fera pas si la ligne n’est pas prolongée jusqu’à Perpignan, a-t-il indiqué, alors que le projet de ligne nouvelle entre Montpellier et Perpignan va faire l’objet, au printemps, d’un arbitrage à l’échelle nationale, par la commission Mobilité 21. Pour moi, il n’y a pas une ligne entre Nîmes et Montpellier, il y a une ligne nouvelle entre Nîme et Perpignan. »
- l'équipement du territoire. Outre les LGV, Christian Bourquin a rappelé les autres grands travaux : élargissement du canal du Rhône à Sète, déplacement de l’autoroute A9, ports de Sète et de Port la Nouvelle (500 M€ d’investissements sur les deux ports). « Le trafic ne bouge pas sur le port de Sète, malgré la crise », a-t-il relevé.
Rationalisation des dépenses
Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération, a appelé à une rationalisation des dépenses. « L’argent public sera de plus en plus rare. Il faudra aller à l’essentiel. » Même discours tenu par Michel Guibal, premier vice-président du conseil général de l’Hérault, concernant la compétence tourisme. « Les communes, les intercommunalités, les départements, les Régions… tout le monde fait du tourisme. Cette concurrence se justifiait en période de vaches grasses. Elle est hors de propos aujourd’hui, où nos vaches sont d’une maigreur presque hindoue. Il faut que chacun se discipline. » Christian Bourquin a souhaité également une gestion plus cohérente des aéroports régionaux. « Nous voulons récupérer l’aéroport de Montpellier, a-t-il rappelé. Il n’est pas sain que les aéroports de la région se fassent concurrence entre eux. En période de crise, ce n’est pas sain. »
Maison des saisonniers
Yvon Bourrel, président de la communauté d’agglomération du Pays de l’Or, s’est quant à lui inquiété des difficultés rencontrées pour la création d’une maison des saisonniers. « Bien sûr, il faut respecter la loi littoral, mais il y a aussi, pour les exploitants agricoles, la nécessité d’héberger les travailleurs saisonniers dans une structure qui fait actuellement défaut. » Le Pays de l’Or tourne toujours le dos à la future métropole. « Il y a la cour des grands, les métropoles, et les autres, comme les nôtres, a habilement botté en touche l’élu. C’est complémentaire, et c’est très bien. » Jean-Pierre Moure, fervent promoteur de la métropole, n’a pas répondu et a insisté sur la nécessaire anticipation. « Dans cinq ans, avec la mise en service du contournement de Nîmes et Montpellier, la capitale régionale sera à moins de 3h de Paris. Dès juin, avec la mise en service de la LGV Perpignan-Barcelone, nous serons à 2h30 de Barcelone. C’est un changement total dans la géographie des déplacements. Et cela suppose de promouvoir nos vins, valoriser nos capacités d’accueil et, aussi, faire en sorte que les touristes ou hommes d’affaires n’attendent pas une heure avant d’être servis au restaurant ou dans un bar… »
* Dans le cadre du dialogue territorial impulsé par la Région L.-R. Prochaines rencontres : 2e rencontre « Métropole en réseau » à Nîmes (12 avril) et conférence prospective le 17 mai.










