Deinove acquiert Morphocem
Un virage pour la biotech Deinove (Grabels), qui développe depuis 2006 des composés issus de microorganismes pour les secteurs de la santé, de la nutrition et de la cosmétique. Avec l’acquisition, la première de son histoire, de Morphocem, filiale allemande de la société autrichienne Biovertis (détenue par le fonds d’investissement TVM Capital Life Science), Deinove avance dans le traitement des infections gastro-intestinales sévères. Le composé antibiotique développé par Morphocem est en effet proche d'une mise sur le marché, l’administration américaine – pays où ces infections causent près de 30 000 morts chaque année – ayant donné son feu vert pour le lancement d’études cliniques. Des tests vont être prochainement menés auprès d’une population réduite de patients. Deinove (DG : Emmanuel Petiot), qui emploie 55 salariés, dispose d’un souchier de 6 000 bactéries rares et d’une plateforme d’ingénierie. La biotech a levé 35 M€ depuis sa création en 2006, dont 22 M€ en bourse, où elle est cotée sur le marché Euronext Growth depuis 2010.
« L’intégration de ce composé avancé de Morphocem s’opère sans sortir d’argent, précise Emmanuel Petiot, directeur général de Deinove. Le cédant sera rémunéré en cas de succès. » Le montage prévoit aussi que Biovertis et TVM Capital entrent au capital de Deinove, via une augmentation de capital (émission de 500 001 nouveaux titres). « TVM Capital est un grand fonds d’investissement européen dans les sciences de la vie, précise le dirigeant. C’est important qu’il s’engage avec nous, car le problème, en France, est de lever des sommes importantes pour financer des développements de traitements. »
À ce jour, d’après Deinove, aucun traitement antibiotique efficace n’est disponible pour ces infections gastro-intestinales sévères. L’antibiotique développé par Morphocem devrait permettre de franchir ces écueils, en ciblant notamment avec précision le lieu de l’infection. Deinove, qui vise un premier chiffre d’affaires cette année avec la commercialisation de composés cosmétiques, va également rechercher des ressources auprès des fonds non dilutifs (sans entrée au capital) mis en place par plusieurs gouvernements.










