De Montpellier à Nîmes : futurs stades, nouveaux revenus
« Dans le contexte actuel, c'est très courageux de se lancer dans des projets privés », observe Olivier Monna, expert des infrastructures sportives au Centre d'économie et de droit du sport de Limoges. Malgré l'obligation de jouer actuellement à huis-clos et le flou autour des droits télé, les deux clubs de Ligue 1, Montpellier et Nîmes, planchent sur leurs futurs stades, conçus comme des lieux de vie et financés exclusivement par des privés. Objectif : générer de nouveaux revenus, en dehors des jours de matches. « L'avantage du privé, c'est que le partage du gâteau se fait uniquement avec la banque pour rembourser le prêt, pas avec une collectivité qui touche un loyer », note l'expert.
Une crèche pour appâter les entreprises
« Le foot, c’est entre 20 et 25 dates par an. Sur 365 jours, ça laisse beaucoup de place à d'autres activités », explique à La Lettre M Olivier Nicollin, de la holding éponyme qui sera majoritaire dans la structure à créer pour le projet montpelliérain (estimé à entre 150 et 180M€ dont 60 à 80 M € en fonds propres). Le stade d'environ 25 000 places devrait proposer une boutique et un musée du club, des bureaux, des restaurants, un hôtel, un pôle médical et même une crèche. « L'idée est d'amener du service pour faire venir les entreprises sur près de 15 000 m2 de tertiaire. Les bureaux seront une variable d'ajustement », commente Laurent Nicollin, président du MHSC, interrogé par La Lettre M. Ce dernier se verrait bien intégrer une banque avec distributeurs, mais ferme la porte aux commerces « pour ne pas concurrencer le centre-ville ou le Carrefour voisin ». Si, comme son rival nîmois, le MHSC renonce - pour l'instant - aux recettes du naming, il mise sur l'événementiel. « Une compétence qu'on n'a pas besoin d'aller chercher ailleurs, contrairement à l'immobilier », précise Jean-Pierre Massines, stadium manager du MHSC. « Les séminaires d'entreprises, ce sont des revenus réguliers. Les concerts, festivals et tournois de e-sport, pendant la trêve estivale, des compléments », imagine son président. Et d'ajouter : « On ne s'interdit rien. »
« Les loyers serviront à rembourser la dette »
À Nîmes, où la société dédiée a déjà été créée par le président du club Rani Assaf (projet estimé à 230 M€), plus de 50 000 m2 de surfaces seront consacrées aux activités économiques. Autour de l'enceinte de 15 000 places, en lieu et place de l’actuel stade, bureaux, logements, résidences senior et étudiante, école supérieure, hôtel 4 étoiles, commerces, cabinets médicaux... Comme à Montpellier, « les loyers serviront à rembourser la dette », souligne Cyrill Meynadier, dirigeant du promoteur Opalia. En attendant les débats publics, un litige entre la Métropole de Montpellier et la foncière marnaise Frey pourrait toutefois freiner le MHSC. En cause, l'abandon du projet commercial et de loisirs porté par la foncière sur le site Ode à la Mer à Pérols pour finalement y accueillir le futur stade. Frey réclame 77 M€ en réparation du préjudice. « Aucune indemnisation n’est prévue dès lors que la promesse est arrivée à son terme contractuel au 30 juin 2020 », assure à La Lettre M la collectivité.










