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Région Occitanie
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Industrie / Numérique
| 23/11/2021

Cybersécurité : l’industrie 4.0, mauvais élève ?

Si la cybersécurité est peu à peu devenue un réflexe côté cols blancs, il en est pour le moment tout autre dans les usines, notamment au sein des PME industrielles, où la numérisation est pourtant à l’œuvre de façon spectaculaire depuis quelques années. Un paradoxe qui a alimenté les débats lors d’une table ronde organisée dans le cadre du salon Cybersecurity Business Convention (CBC), qui s’est tenu le 23 novembre à Toulouse à l’initiative de Dépêche Events, en partenariat avec La Lettre M. « On ne peut pas mettre davantage de numérique dans l’industrie et ne pas se préoccuper du risque inhérent ! », martèle Stéphanie Buscayret, coordinatrice de la sécurité informatique de la société aéronautique toulousaine Latécoère.

La cybercriminalité, risque n°1
Or la transformation numérique est le pilier de l’industrie 4.0  ou industrie du futur –, comme le rappelle Stéphane Blanchard, coordinateur Industrie du futur au sein de l'agence régionale de développement économique Ad’Occ : « Nous vivons une nouvelle révolution industrielle avec le déploiement de l’internet des objets, de la fabrication additive, mais aussi la valorisation massive des données. Mais mis à part les très grosses entreprises, qui ont engagé des stratégies de cybersécurité, on part souvent de très loin en la matière, notamment au sein des PME. » Un phénomène que dénonce Romain Bottan, directeur du programme AirCyber, qui vise à accompagner les acteurs de la supply chain aéronautique dans leur stratégie de cybersécurité. « Le risque numéro un des entreprises, aujourd'hui, c’est la sécurité informatique, estime-t-il. Lorsqu'on achète une machine-outil plusieurs millions d’euros, il faut la sécuriser ! »

Des failles qui se multiplient
D’autant qu’avec l’industrie 4.0, les points d’entrée  et donc les failles potentielles –, se multiplient mécaniquement. Et Stéphanie Buscayret de raconter une anecdote relative au déploiement, en 2018, de l’usine du futur de Latécoère à Toulouse-Montredon : « On m’avait demandé à l'époque de créer un compte d’accès générique. Quand j’ai voulu savoir à qui il était destiné, on m’a répondu que c'était… à la pelouse ! Ce compte devait servir à la pelouse connectée du site de production, équipée de capteurs d’humidité, pour aller chercher des informations météo sur internet… Je ne l’ai évidemment pas créé ! »

La question de la contrainte
Si les mentalités évoluent lentement sur ces sujets, c’est parce qu’il est « difficile de mobiliser les personnes décisionnaires contre un risque dont elles n’ont pas conscience ou qu’elles n’ont pas expérimenté elles-mêmes », estime Stéphanie Buscayret. Reste une solution, avancée par Romain Bottan : celle de la contrainte. « Faire des lois, imposer des clauses de cybersécurité dans les contrats », énumère-t-il. Mais aussi, comme le suggère Stéphanie Buscayret, agir sur le mode de la co-construction. « Les professionnels de la cybersécurité doivent être humbles, insiste-t-elle. Ils doivent aller voir dans les usines comment ça se passe. » Une façon de renforcer le dialogue entre deux mondes qui, pour l’heure, « se connaissent encore mal ».

Alexandre Léoty / leoty@alettrem.net
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