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Languedoc-Roussillon
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Finances
| 15/06/2011

Crédit Agricole SA, un géant du CAC 40 qui joue la proximité

Ce mardi 14 juin au Corum de Montpellier, lors d’une soirée consacrée à la présentation et aux activités du Crédit Agricole du Languedoc devant environ 500 actionnaires, sociétaires et/ou clients, le groupe Crédit Agricole SA a insisté sur sa dualité : une présence sur les marchés financiers, aux côtés des géants du CAC 40, et une dimension de proximité.
« Les décisions sont prises ici, au plus près des clients, a insisté Alain Maurel, président de la caisse régionale du Languedoc*. Nous sommes une entreprise territoriale, c’est un facteur de différence par rapport à la concurrence. Notre circuit est court, nos clients interpellent facilement le management. »
Gérard Bréchet, dg du Crédit Agricole du Languedoc a asséné quelques chiffres-clé à l’auditoire : « Dans une région qui gagne 30 000 habitants par an, nous avons la volonté de gagner des parts de marché dans nos quatre départements. En 2010, le Crédit Agricole du Languedoc, c’est 40 Md€ d’encours de crédits, 2 Md€ de fonds propres, 3 Md€ de crédits distribués en 2010 et injectés dans l’économie de notre territoire, 1,2 Md€ pour soutenir les investissements, 50 M€ pour financer des projets d’ENR et 171 M€ de résultat net ».

Betbèze : « La BCE est à son maximum »

A l’échelon national et mondial, Jean-Paul Betbèze, chef économiste du Crédit Agricole, prévoit « des inquiétudes sur le nucléaire et les énergies. Le passage menant aux nouvelles énergies va être compliqué à vivre », après la catastrophe nucléaire de Fukushima (Japon). D’un point de vue financier, le monde est d’après lui encore très instable. « La planète financière me fait penser au film La Fureur de Vivre, où les jeunes jouent leur vie au volant de bolides. Aux Etats-Unis, la Fed maintient des taux d’intérêt très bas pour tenir l’économie. La monnaie chinoise est toujours sous-évaluée. Les dettes des pays européens devient un problème prégnant. Elles continuent de déraper. Pour les stabiliser, il faut une croissance de plus de 3 % et des taux d’intérêt de 5 %. Nous sommes d’anciens pays riches. Nous sommes aujourd’hui des pays endettés. » Les trois urgences « médicales » sont « la Grèce, le Portugal et l’Irlande. Mais la BCE (banque centrale européenne, NDLR) soutient ces trois pays à hauteur de 500 Md€. Elle est à son maximum. Rappelons que la BCE a 10 Md€ de fonds propres ! »
Le déficit public français est jugé très préoccupant par l’économiste. « Les dépenses publiques sont au double de ses recettes fiscales. Un jour où l’autre, il faudra s’en occuper. On ne peut pas vivre à ce point-là à crédit. Les impôts assurent un semestre, le deuxième semestre est à crédit ! Les finances publiques de la France sont en déficit depuis 33 ans, son commerce extérieur depuis cinq ans. »
Jean-Paul Betbèze prône une politique économique « à deux jambes » : une jambe publique « plus efficace, avec moins de dépenses et plus de recettes », et une jambe de la croissance privée, « jouant la carte de la croissance, de l’investissement des entreprises, de la création de richesses, de l’exportation ».
Bertrand Badré, directeur financier du groupe, a retracé de l’intérieur quatre ans de crise financière mondiale. « Cette crise a coûté 5 000 milliards de dollars. Tout est parti des subprimes aux Etats-Unis. Le problème n’est pas tant les subprimes eu eux-mêmes, mais le fait qu’on en a trouvé dans tous les produits financiers. La crise des subprimes a infecté tout le système. » D’après lui, « la France, l’Italie et le Canada sont les trois pays développés qui ont le mieux géré la crise ».

* Quatre départements couverts (Aude, Hérault, Gard, Lozère), 2 700 salariés, 228 agences, 971 000 clients, 34 agences créées depuis 2006.

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