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Région Occitanie
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| 20/03/2020

[Covid-19] Sophie Garcia, présidente du Medef Occitanie : « On ne va pas éviter la casse ! »

Le point sur la situation des entreprises de la région, dans le contexte actuel de pandémie de Covid-19, avec Sophie Garcia, présidente du Medef Occitanie.

Vous suivez les évolutions de la situation en temps réel. Comment les chefs d'entreprise du territoire réagissent-ils face au confinement d'une grande partie de leurs salariés et face à l'arrêt d'un certain nombre d'activités ?
En réalité, la situation évolue de jour en jour, et même d'heure en heure. Depuis une semaine, il s'est passé tellement de choses ! Avec l'allocution d'Emmanuel Macron, on a bien compris que la consigne était donnée à chacun de rester le plus possible chez soi, ce qui est bien entendu compréhensible compte tenu du contexte. Mais il faut bien comprendre que le télétravail n'est possible qu'au maximum dans un tiers des cas. Par conséquent, dès lundi, nous avons ressenti une forte montée de l'angoisse chez les salariés. Un véritable vent d'inquiétude. Certains ont fait jouer leur droit de retrait. Puis, au milieu de la semaine, ça a été au tour des chefs d'entreprise eux-mêmes. La question de leur responsabilité, de leur devoir de protéger leurs salariés, s'est posée. Et malheureusement, il y a eu des communications parfois brouillées de la part du gouvernement, qui s'est finalement rendu compte que la machine toute entière était en train de s'arrêter.

Quels sont les secteurs impactés dans la région ?
Ils le sont tous ! Le BTP, le commerce, la logistique, les transports, l'agriculture... Très sincèrement, je ne connais aucun secteur épargné par le phénomène. En une semaine, l'économie s'est mise en arrêt complet. C'est inédit. Et tous les jours, ce sont de nouvelles questions qui se posent.

Les dispositifs mis en place par l'Etat, mais aussi par les collectivités, sont-ils à la hauteur des enjeux ?
Il y a beaucoup de dispositifs mis en place et la réactivité des différents acteurs publics est à saluer. Mais nous avons toutefois un certain nombre d'interrogations. Soyons clairs : une entreprise, même saine, même bien structurée, quand elle est à l'arrêt total, elle ne tient pas deux mois ! Beaucoup de dispositifs ciblent les petites sociétés, et c'est tant mieux. Mais nous constatons que beaucoup de PME, et même d'ETI, sont en train de souffrir également. Des dirigeants d'entreprises de plusieurs centaines de personnes commencent eux aussi à s'inquiéter. D'une façon générale, on nous propose des reports de charges et des prêts. Ce sont des pansements. Mais on ne va pas éviter la casse ! Nous avons déjà des exemples concrets d'entreprises qui vont mettre la clé sous la porte.

Quel message adressez-vous aux chefs d'entreprises du territoire qui se posent la question de la poursuite, ou non, de leur activité - pour ceux qui le peuvent, bien entendu ?
Je veux leur dire que maintenant, compte tenu du contexte, il ne faut pas hésiter à laisser passer quelques jours avant de prendre de nouvelles décisions concernant leur activité. Chaque chef d'entreprise doit se demander : “Suis-je en capacité de faire travailler mes salariés en sécurité ?”. A partir de là, si ce n'est pas le cas, il faut prendre le temps d'avoir les moyens de le faire. S'il faut attendre des masques, alors attendez-les ! Dans le contexte tel qu'il est, il faut de la réflexion, de l'organisation et de la mesure. Car nous ne savons pas quelle sera l'ampleur de l'épidémie, qui ne fait que commencer.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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