[Covid-19] Airbus : l'inquiétude grandit
C'est un vent d'inquiétude qui souffle chez Airbus et, par effet de ricochet, dans l'ensemble de la supply chain aéronautique régionale. L'avionneur toulousain publie des résultats du 1er trimestre (clos au 31 mars) « partiellement impactés par le Covid-19 ». Son chiffre d'affaires est porté à 10,6 Md€ au cours de la période, en chute de 15 %. Son Ebit ajusté, lui, plafonne à 281 M€, contre 549 M€ l'an dernier. Le groupe déplore ainsi une perte nette de 481 M€ au cours du 1er trimestre. Sa position de trésorerie nette est désormais de 3,6 Md€, contre 12,5 Md€ au 31 décembre 2019. Une chute de 71 % en l'espace de trois mois.
« La crise la plus grave »
«Nous traversons actuellement la plus grave crise que l’industrie aérospatiale n’ait jamais connue », déplore Guillaume Faury, président exécutif du groupe de 136 000 salariés. Le capitaine d'industrie indique cependant avoir pris toutes les mesures pour « garantir l'avenir » d'Airbus. « Nous avons très rapidement renforcé nos liquidités pour soutenir la flexibilité financière, explique-t-il. Nous adaptons les cadences de production des avions commerciaux en fonction de la demande clients (une baisse d'environ un tiers, NDLR). Nous nous concentrons sur la maîtrise de la trésorerie et notre structure de coûts à long terme pour être certains de pouvoir reprendre des opérations normales lorsque la situation s’améliorera. » Reste une incertitude : à quoi ressemblera le marché aérien dans les mois et les années à venir ? « Nous devons repenser tous ensemble le mode de fonctionnement de notre industrie pour restaurer la confiance des passagers dans un contexte où nous apprenons à vivre avec cette pandémie », martèle Guillaume Faury, qui, compte tenu des incertitudes, a annulé dès le mois de mars ses prévisions 2020. L'an dernier, Airbus avait enregistré 70 Md€ de chiffre d'affaires.










