Couvre-feu : les professionnels de la restauration accusent le coup
Couvre-feu, restrictions sanitaires... Le secteur de la restauration et de l'hôtellerie est en première ligne face aux nouvelles mesures gouvernementales destinées à enrayer la pandémie de la Covid-19. En dépit des aides l'État, les professionnels s'inquiètent pour l'avenir.
« Nous avons décidé de fermer le soir, explique Laurent Gazages, directeur de la Brasserie du Théâtre (17 salariés), à Montpellier. Les trois quarts de nos clients du soir arrivent chez nous vers 20h/20h30. Avec ce couvre-feu à 21h, il est inutile de rester ouvert le soir. » En temps normal, l’établissement atteint les 200 couverts par jour, dont la moitié, voire plus, le soir. Le ticket moyen étant souvent plus important le soir – « Les gens prennent plus le temps, ont envie de se faire plaisir » - le manque à gagner avec ce service en moins durant le couvre-feu devrait représenter environ 60 % du CA global. « De toute façon, nous allons perdre de l’argent », réagit, résigné, Laurent Gazagnes. Une partie des salariés de la Brasserie du Théâtre sera en activité partielle et une autre au chômage à 100 %.
Stigmatisation
De son côté, Denis Allegrini, président de l’Union des métiers de l'industrie hôtelière du Gard (Umih 30, 600 adhérents) et à la tête de cinq restaurants*, regrette une certaine stigmatisation de la profession. « Je ne discute pas les restrictions sanitaires, mais cette décision (le couvre-feu, NDLR) cible directement notre profession. 80 % des entreprises ouvertes à 21h sont dans le CHR (cafés, hôtels, restaurants, NDLR). En revanche, il n’y a pas de mesures visant les transports. » Et de poursuivre : « Si on nous affaiblit ainsi, il faut une aide en face. » Le président de l’Umih 30 considère en effet les aides gouvernementales (PGE, chômage partiel…) insuffisantes pour soutenir le secteur. « Les loyers continuent à courir, les cotisations à verser aux compagnies d’assurance aussi. » Dans ses restaurants, 50 % des salariés sont au chômage partiel. Rien que dans le Gard, ses trois restaurants ont vu leur CA baisser de 40 % depuis le début de la crise sanitaire.
Requête en référé liberté
En Haute-Garonne, la riposte s'organise, conduite par un collectif de restaurateurs et bars, la CPME 31, la Fédération des commerçants et des artisans et l’Umih 31. Ensemble, ils ont lancé une requête en référé liberté contre l’arrêté du préfet de Haute-Garonne pris le 12 octobre pour faire face à la crise sanitaire. Ils contestent notamment la fermeture des bars et les nouvelles restrictions imposées aux restaurants, « sans aucune anticipation et organisation d’aides concrètes », alors « qu’aucune étude épidémiologique relative aux lieux que constituent les bars et les restaurants conclurait à ce que ces derniers soient vecteurs de contamination ». Le juge des référés doit se prononcer dans un délai de 48 h après l'audience, qui s'est tenue le 15 octobre au tribunal administratif de Toulouse.
*Les Petites terrasses et Les Terrasses au Pont-du-Gard ; Le Barns à Nîmes ; Les Vagues aux Saintes-Marie-de-la-Mer et le Farmers à Paris.










