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Languedoc-Roussillon
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Agri - Agro
| 5/07/2019

Coup de chalumeau

Vendredi 5 juillet, dans le Gard puis l’Hérault, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, est au chevet de la profession pour constater l’ampleur des dégâts causés par la journée de canicule du vendredi précédent. Les températures, dépassant par endroit les 45°C, ont carbonisé les cultures. Vignes, arbres fruitiers, maraîchage, apiculture... Même les 200 poules d’un élevage situé à Nézignan-L’Évêque (34) n’ont pas résisté. Le ministre s’est notamment rendu chez Robert Cecchetti, producteur de pommes et adhérent de la Sica Les Vergers de Mauguio (34). « En 20 ans d’exploitation, je n’ai jamais vu ça, confie le producteur. Au-delà de la brûlure, les fruits ont littéralement cuits, ainsi que le feuillage. » Sur les 120 hectares que compte l’exploitation, 75 ha sont très touchés. « C’est plus qu’un simple phénomène de chaleur, c’est beaucoup plus grave. On craint une perte de 30 à 50 % sur les 5 000 tonnes produites normalement », estime-t-il.

Vignes brûlées. Lors d’une visite de parcelles organisées le 1er juillet à Cournonsec et Fabrè- gues (34), en présence de Pierre Pouëssel, pré- fet de l’Hérault, Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture de l’Hérault, indique qu’« un tiers des vignes de l’Hérault serait impacté. Cela représente des milliers d’hectares touchés, avec des pertes de production de 10 à 100 %. Les vignes irriguées ont échappé à ce phénomène. C’est un sujet qui doit revenir au devant de la scène ». Arnaud Boutonnet est le propriétaire du domaine viticole de Mujoulan à Fabrègues : « Sur 100 ha, nous avons une parcelle de 4 ha impactée à 100 % et 30 ha que nous estimons touchés entre 20 et 40 %. Heureusement, nous sommes assurés pour les calamités agricoles. Cela fait trois années de suite que nous subissons des aléas climatiques. »

Phénomène régional. Dans le Gard, la Fédéra- tion départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) estime à 800 ha la surface de vignes touchées par l’épisode de canicule. Les terrains concernés sont essentiellement localisés au sud du département. Les cultures en maraî- chage plein champs (hors serre), telles que les melons, tomates... devraient elles aussi être impactées, « mais nous ne prendrons vraiment la mesure des conséquences qu’après les récoltes », précise Stéphane Allard, directeur de la FDSEA Gard. Du côté des exploitations arboricoles du département, régulièrement irriguées, les consé- quences devraient être moindres. Mais dans les Pyrénées-Orientales, à Rivesaltes, abricots et abricotiers du Roussillon ont été lourdement touchés. Dans l’Aude, les vignes des Hautes Corbières et du plateau de Leucate, ont aussi été touchées.

Actions. Pour le préfet de l’Hérault,« les calamités sont récurrentes : grêle, gel tardif, mildiou, canicule. Je vais diligenter une enquête auprès de SupAgro et de l’Inra sur le phénomène climatique du 28 juin dernier afin d’en tirer des enseignements pour la profession agricole et des mesures de prévention car ces phénomènes sont amenés à se répéter, voire à devenir la norme ». Désormais, l’enjeu pour la profession est aussi de dresser un état des lieux précis, afin que les agriculteurs puissent solliciter une aide du fonds destiné à compenser l’impact financier des calamités agricoles.

NELLY BARBÉ, VÉRONIQUE COLL ET STÉPHANIE ROY
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