Contournement ouest de Montpellier : Jean Castex accélère
En déplacement à Montpellier le 5 novembre, Jean Castex officialise le lancement du Contournement ouest de Montpellier (Com). Dossier vieux de plus de vingt ans, le futur tronçon de 6,2 km doit servir de rocade et relier les autoroutes A 709 au sud de la Métropole et l’A 750 au nord. Le chef du Gouvernement confirme la prise en charge financière du projet par le privé estimée à un peu plus de 300 M€ : « J’effectue le choix de l’adossement. Le projet sera financé par les concessions existantes. » Concrètement, l’axe routier nouveau sera adossé au réseau attenant, l’A9, actuellement concédée à Autoroutes du Sud de la France (ASF).
Pas de péage
En prenant en charge financièrement les travaux du Com, la filiale de Vinci Autoroutes pourrait augmenter ses tarifs de péage sur l’A9 en contrepartie. Le locataire de Matignon écarte aussi l’éventualité d’une mise en concession autonome du Com, évoquée dans un avis daté du 28 novembre dernier par l’Autorité de régulation des transports : « Il n’y aura pas de péage sur cette rocade. » Le maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, Michaël Delafosse, salue « un modèle de financement qui n’impacte pas les contribuables. » Défenseur du projet, l’édile avait fait savoir que les collectivités ne devaient pas assurer le financement du Com.
Saisine du conseil d’État dès novembre
Reconnaissant « connaître le dossier bien avant son entrée à Matignon », Jean Castex s’est aussi déclaré favorable à une accélération du calendrier : « ce projet d’adossement fera l’objet d’un recours auprès du Conseil d’État dès le mois de novembre. S’il y a un avis favorable, un décret sera publié et une enquête environnementale aura lieu dans la foulée. Suivie de travaux dans une zone urbaine dense. » Visant à décongestionner la traversée de Montpellier, le Com doit aussi désengorger la partie ouest de la Ville. « Toute une cohorte de camions circule dans la Ville de Montpellier. C'est problématique », glisse Jean Castex. A terme, l'axe routier doit faire transiter 70 000 automobiles par jour. Pour fluidifier le trafic et la voirie locale, cette deux fois deux voies doit passer par les communes de Montpellier, Saint-Jean-de-Védas et Juvignac. Selon le sénateur de l’Hérault, Jean-Pierre Grand, grand partisan du projet, ce projet pourrait aboutir « d’ici 2030. »
Recours
Du point de vue administratif, l’enquête publique a déjà été réalisée, avec un avis favorable. La déclaration d’utilité publique a été prise par le ministre des Transports, et la ministre de la Transition écologique en septembre dernier. Le Com pourrait toutefois faire l’objet de recours, comme actuellement à Grabels sur le chantier de la Liaison intercommunale d'évitement nord (Lien) de Montpellier. Loin d’être un obstacle, prévient le chef du gouvernement : « il y aura des contestations, mais cela ne doit pas nous empêcher d’avancer. »










