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Languedoc-Roussillon
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Transports - Logistique
| 16/12/2010

Contournement Nîmes-Montpellier : le conseil général du Gard sort les griffes

Dans un protocole d’étape en vue de la réalisation du contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier (CNM) dans le cadre d’un contrat de partenariat,
Plusieurs « pistes d’optimisation » sont évoquées dans ce document que La Lettre M s’est procuré : « Suppression de la "virgulette" de Saint-Gervasy ; remplacement de la tranchée couverte de la liaison fret par une solution technique optimisant les coûts et les délais ; phasage de la réalisation du raccordement de Jonquières. »
Ces « pistes d’optimisation » agacent Damien Alary, président du conseil général du Gard. La collectivité s’est engagée à participer financièrement au projet à hauteur de 34,6 M€ (coût estimatif du projet : 1 680 M€ - valeur 2007) - contrairement à André Vezinhet, président du conseil général de l’Hérault.
Dans un courrier daté du 10 décembre et adressé à Claude Liebermann et Gilbert Venet, en charge du financement du projet au ministère, Damien Alary écrit : « Ce protocole d’étape remet en question des fonctionnalités acquises depuis le début et occulte les fonctionnalités complémentaires demandées dans l’annexe 2 du protocole de 2009. Principalement, je note la suppression du raccordement dit "virgulette de Saint-Gervasy", le remplacement de la tranchée couverte de liaison fret, par une alternative à définir, le "phasage" du raccordement de Jonquières, la suppression du raccordement de Saint-Brès et enfin la disparition dans le débat du principe d’un raccordement avec la ligne du Grau-du-Roi. Je me permets de vous faire part de mes inquiétudes quant à la disparition des fonctionnalités qui oeuvraient toutes à atteindre l’objectif recherché d’optimisation de l’étoile ferroviaire de Nîmes, seule justification à l’implication du conseil général dans ce projet. En l’état actuel de vos propositions, vous comprendrez que je ne peux souscrire à ce protocole d’étape et vous demande de revenir aux fonctionnalités actées dans notre accord de décembre 2009. Le conseil général est prêt à respecter ses engagements, il attend de l’Etat qu’il respecte les siens. »


La gare TGV de Montpellier dans le même timing que le CNM
Contacté, Claude Liebermann rétorque : « L’enjeu, c’est d’arriver à la convention de financement du projet. En ce moment, nous discutons avec les collectivités, des éléments se rajoutent ou s’enlèvent. Depuis le départ, le conseil général du Gard veut faire étudier des possibilités ajouts, d’inclusions, pour qu’il retrouve à la fin plus qu’il n’y a mis. Mais ce n’est pas possible, sauf si les résultats des appels d’offres sont très favorables. Or, pour le moment, les résultats des appels d’offres sont un peu moins favorables que ce qu’on pouvait espérer. Si le conseil général du Gard ne veut plus participer, il faut le dire au président du conseil régional, pas à nous. De notre côté, la participation de l’ensemble des collectivités locales a en effet été calé avec la Région Languedoc-Roussillon. »
Claude Liebermann confirme que la gare Odysseum de Montpellier est bel et bien dans les starting-blocks. « L’idée est toujours d’ouvrir la gare Odysseum en même temps que projet CNM (horizon 2016-2017, ndlr). Cela fera l’objet d’une deuxième convention pour les gares nouvelles de Montpellier et Manduel. Cette deuxième convention n’est pas encore lancée. »
Claude Liebermann a enfin rappelé le contexte général des projets de ligne ferroviaire nouvelles en France : « Le CNM est en concurrence avec d’autres projets. Vu l’état des finances publiques, c’est difficile de trouver l’argent à Paris. Ce n’est pas la peine que les gens, localement, se tirent une balle dans le pied en organisant des fuites. »
Dans le même esprit, Jean-Michel Buesa, président de la FRTP L.-R., déclarait le 3 décembre : « La LGV Bretagne, avec qui nous sommes en compétition, a pris de l’avance. Là-bas, il y a eu une unité régionale complète, qu’on n’a pas chez nous. Ici, tout le monde exige beaucoup de choses. » 

Comité de pilotage le 13 janvier

Dans un communiqué diffusé ce jeudi 16 décembre, la Région L.-R. joue l’accalmie. « Lors de sa rencontre le 24 novembre avec Claude Liebermann, Christian Bourquin (président de la Région L.-R., ndlr) a rappelé que la Région sera particulièrement attentive à la maîtrise des coûts, au respect des délais et des fonctionnalités attendues par les collectivités. Le 13 janvier prochain, un comité de pilotage de ce contournement Nîmes-Montpellier réunira l’ensemble des cofinanceurs à la préfecture de Région. »
L’Etat cible une signature de la convention de financement « au second semestre 2011 ». Les propositions initiales des trois groupements candidats (Bouygues TP, Eiffage et Vinci Concessions) ont été remises le 5 mai 2010. Réseau Ferré de France a procédé à l’analyse de ces offres et doit désormais engager la phase de dialogue compétitif approfondi. Les travaux devraient démarrer en 2013, selon la FRTP.

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