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Haute-Garonne
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Institutions / Transports - Logistique
| 8/12/2022

Conseil métropolitain : le RER crispe les débats à Toulouse

La volonté de déployer le RER dans dix métropoles françaises, exprimée le 27 novembre par le président de la République Emmanuel Macron, alimente les débats le 8 décembre lors du conseil de Toulouse Métropole. L'opposition tacle la position de Jean-Luc Moudenc, qui estime que le financement d'un tel projet ne relève pas de la compétence métropolitaine. « Nous sommes habitués aux fausses promesses et aux mesures avortées, mais au moins, monsieur Macron, lui, fait semblant d'entendre ; alors que vous, monsieur Moudenc, êtes complètement sourd en nous disant qu'il n'y aura pas un seul centime de la Métropole sur ce dossier », grince la conseillère métropolitaine d'opposition Agathe Roby.

 

Le “serial killer” de la transition écologique
Et l'élue d'interpeller à distance le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, absent lors du conseil métropolitain car atteint du Covid-19 : « De grâce, cessez de dire que le RER n'est pas dans vos compétences. Le RER, c'est au contraire la manifestation de votre incompétence. Vous êtes le serial killer de la transition écologique. » Une sortie vivement condamnée par le maire de Balma, Vincent Terrail-Novès, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l'économie circulaire, des déchets et de la propreté, qui - en l'absence de Jean-Luc Moudenc - a assuré la présidence de la séance. « Je pense que l'on peut avoir des débats démocratiques et francs sans pour autant tomber dans l'anathème et l'insulte, en employant des noms d'oiseaux, insiste-t-il. Vous n'avez pas à traiter le président de “serial killer”. »

« Dans l'attente de précisions »
Sur le fond, plusieurs élus de l'opposition sont revenus sur le dossier RER. À l'image de Karine Traval-Michelet, maire de Colomiers et vice-présidente de Toulouse Métropole chargée de l'habitat et du logement, qui se dit surprise de la position « quelque peu tranchée » de Jean-Luc Moudenc sur ce dossier : « Nous sommes prêts à travailler pour qu'un tel projet puisse voir le jour. Nous sommes dans l'attente de précisions quant au calendrier et au financement. » 
Lui aussi favorable au projet de RER toulousain, Joseph Carles, maire de Blagnac et vice-président de Toulouse Métropole en charge de la prospective, de la contractualisation et des politiques économiques, dit espérer « que nous ne sommes pas simplement dans des effets d'annonce. Nos concitoyens en ont marre des annonces qui ne se traduisent pas en faits. » Quant à Pierre Lacaze, élu au sein du groupe Toulouse Métropole solidaire de la gauche démocrate et républicaine, il appelle de ses vœux « l'ouverture de discussions sur un pacte financier et de gouvernance » avec autour de la table l’État, la Région, le Département et les différentes intercommunalités concernées.

RER ou TER ?
S'exprimant au nom de la majorité métropolitaine, Sacha Briand, vice-président chargé de la modernisation de la collectivité et des finances, estime que l'annonce du président de la République nécessite « une clarification des termes ». « Il n'existe pas aujourd'hui de projet de RER avec des lignes en propre comme à Paris, assure-t-il. Personne n'est en capacité de les imaginer dans les métropoles régionales. » Et l'élu, qui porte « à la fois un soutien au  développement des TER et une opposition quant à leur financement » par Toulouse Métropole, d'insister : « Que les choses soient claires : nous n'avons jamais dit que nous étions opposés à la mise en œuvre d'un cadencement des TER. Nous avons tout fait pour la faciliter. Mais il faut que chacun, dans ses responsabilités, assume son rôle. À partir de là, nous pourrons collaborer. »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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