Conseil départemental du Gard : les économies scrutées ligne par ligne
Le président du Département du Gard, Denis Bouad, a présente, le 28 janvier, les résultats des audits (financier, organisationnel, patrimonial) commandés en septembre dernier afin de guider la construction du budget 2016, qui sera voté début avril. Ces préconisations révèlent une collectivité prise dans « un effet de ciseaux » entre les baisses des dotations de l'État (11 M€ de moins entre 2015 et 2017) et l'augmentation des dépenses sociales. Le Gard a fait partie des dix départements éligibles au fonds d'urgence 2015 du gouvernement. « Les conclusions des audits nous amènent à revoir notre vision. Il faut faire des économies. On regardera ligne par ligne », précise le président, en quête de 25 M€ pour boucler son budget 2016. Depuis le début de son mandat (6 mois), il a déjà réussi à réduire les dépenses de 1 M€ (776 M€ en 2015) et a trouvé, par un jeu d’écritures 10 M€ supplémentaires issus du RSA. Concernant les 15 M€ restant, « nous sommes à mi chemin avec 7,5 M€. » Selon l'audit financier, la situation du Département le contraint « à devoir rapidement mettre en œuvre des mesures drastiques de préservation des équilibres sans attendre une solution nationale. »
Maintenir l’investissement
La solution pourrait être de baisser le niveau d'investissement (130 M€ de 2015) et l'audit envisage d'ailleurs deux niveaux d’investissements possible : 65 M€ et 90 M€. « L’investissement est important dans le Gard qui connaît déjà un fort taux de chômage (14 %, NDLR). Derrière, il y a des entreprises du TP et du Bâtiment qui créent des emplois et des richesses. L'investissement du Département génère jusqu'à 7 500 emplois indirects » souligne-t-il tout en indiquant à la Lettre M qu’il continuerait notamment à « maintenir son niveau d’intervention en faveur du logement social et des garanties d’emprunt. » Il confirme qu’en 2016 les aides directes aux entreprises seront supprimées conformément à la loi NOTRe. « Toutefois, nous continuerons à accompagner les actions dans l’agriculture, le tourisme notamment le Pont du Gard, les chambres consulaires, les fédérations professionnelles mais ils devront participer à l’effort et être associé à une politique de développement » précise l’élu gardois.
Maîtriser les charges
Selon l'audit, des sources d’économies pourraient venir de la réduction des dépenses de personnel sur une base de cent salariés par an... Sachant qu'il y a environ 120 départs à la retraite chaque année. « Il faudra s'adapter aux besoins. Par exemple, on ne change pas un médecin par un agent des routes », indique l’élu qui table sur 70 départs sur les cinq prochains exercices. Enfin, l’audit patrimonial a mis en exergue de réelles sources d’économies. Les services du Département sont éclatés. La collectivité possède 50 bâtiments et en loue vingt bâtiments sur Nîmes (3 M€ de loyers) dont certains ont été résiliés. Elle projette toutefois d’acquérir le bâtiment de la DGAIF (3,8 M€) et a fait baissé le loyer de la MDPH (36%) avec l’objectif à terme de réunir la MDPH et la direction de l’autonomie pour un besoin en m2 estimés entre 3600 à 3700 m2.










