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Biotechs - Santé / Institutions
| 13/06/2018

Congrès de la Mutualité Française : Emmanuel Macron appelle à une transformation du système de santé

Nul doute qu'en 1913, lorsque Raymond Poincaré, alors Président de la République française, s'était rendu au 11e Congrès de la Mutualité Française à Montpellier, le dispositif de sécurité était moins lourd que pour cette 42e édition. Le 13 juin 2018, c'est au tour d'Emmanuel Macron de se prêter à l'exercice du discours de politique sociale face aux quelque 2 000 congressistes, réunis au grand complet dans la salle Berlioz du Corum. Fourgons de police, portiques de sécurité, chiens spécialisés dans le déminage, badges scannés, presse convoqué 2h30 avant le discours... et une foule qui se presse à l'entrée du Corum dès son ouverture, à 9h. 11h40, après une longue session de poignées de mains et le discours de Thierry Beaudet, président de la Mutualité Française, Emmanuel Macron monte sur scène.
« Nous avons créé un système qui s’est progressivement (…) déshumanisé. Nous avons ces 10 dernières années augmenté le RSA de 80 % mais nous avons baissé les dépenses pour l’accompagnement de 40 %. (…) Aujourdhui 50 % de celles et ceux qui sont au RSA, le sont toujours quatre ans plus tard. » Emmanuel Macron commence par un constat : le système de santé français n'est plus adapté aux réalités de la société actuelle et le soutien financier seul ne suffit pas. L'accompagnement et la prévention sont nécessaires. Pour faire évoluer ce système, Emmanuel Macron fait plusieurs annonces :
Le reste à charge zéro pour l’optique, le dentaire et les prothèses auditives : « Nous avons un reste à charge global de 8,5 % en moyenne » mais dans les faits, pour les personnes aux revenus les plus modestes, « ce reste à charge est en moyenne de 43 % sur les prothèses dentaires, soit 200 € environ pour une couronne, de 22 % sur l’optique soit environ 65 € pour la correction d’un myopie et de 53 % sur les audioprothèses, c’est-à-dire 1 700 € en moyenne pour être équipé. » Un montant qui incite certaines personnes à ne pas recourir à ces soins et qui peut entraîner une forme d’exclusion sociale. Les conventions entre les acteurs de la santé et l'État ont déjà été signées pour les audioprothèses et le dentaire, celle sur l'optique devrait suivre dans les jours à venir. « Sur ce point, nous restons vigilants, a réagi Pierre-Jean Gracia, président de la Mutualité française Occitanie interrogé par La Lettre M. Nous nous posons la question des coûts engendrés par cette mesure. »
Répondre aux soins de proximité, avec des acteurs organisés en réseaux pour un décloisonnement de la médecine de ville et de l’hôpital. Ceci dans l’optique de garantir aux patients un accès à cinq types de services : médecin traitant, permanence des soins et accès aux soins non programmés, continuité et gradation des soins, dépistage et vaccination.
Une prévention renforcée avec des actions de dépistage, notamment pour les troubles visuels et auditifs dès le plus jeune âge. « Trois nouvelles consultations avec le médecin scolaire pour les enfants de 3 ans et les jeunes de 24 ans, dont un examen optique. »
Hausse du minimum vieillesse. « il faut apporter les réponses de solidarité non négociables. » Le minimum vieillesse a déjà augmenté « de 30 € au 1er avril dernier et augmentera à nouveau de 30 € au 1er janvier prochain. » Sur la question du vieillissement toujours, Emmanuel Macron reconnaît la nécessité de mieux rémunérer les professionnels qui travaillent dans l'accompagnement des personnes dépendantes.
Plus d'équité dans le système des retraites. « Il faut une refonte d’ensemble de notre système de retraite. Je veux que nous puissions maintenir notre système par répartition et la solidarité entre les générations. C’est le choix qui a été fait, sur lequel je me suis engagé…simplement ce solidarisme complet va aussi avec la fin d’une société de statuts. Il va vers un système qui permettra qu’un 1€ cotisé donne le même montant de droits et que nous fassions progressivement converger l’ensemble des régimes existants… » Sur ce sujet, une loi sera présentée début 2019 et sera votée dans le courant du 1er semestre 2019.
La scolarisation dès trois ans pour lutter contre l'exclusion sociale. « L'école, c'est la fin de l'assignation à résidence », la fin du déterminisme, selon lui. Dans cette optique, le président de la République revient sur la décision du gouvernement, votée à l'automne 2017, de soutenir financièrement à hauteur de 30 % les frais de garde d'enfants pour les familles monoparentales.
Enfin, le président de la République souligne la nécessité d'un suivi. « Ces situations ne sont pas majoritaires mais certaines personnes se sont installées dans une situation d'exclusion, dans laquelle ils ont construit leur existence. »
« Pour réussir cette transformation, je ne pense pas que l'État puisse y arriver seul, déclare Emmanuel Macron en conclusion de son discours, à l'attention de Thierry Beaudet. (...) L'ensemble des acteurs qui font la solidarité nationale devront réinventer leur rôle pour penser ces défis. »

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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